Géraldine Beauvais de Demoiselles Rose se confie ! - La Gazette du Geek

Géraldine Beauvais de Demoiselles Rose se confie !

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Géraldine Beauvais de Demoiselles Rose nous a accordé une interview : ses projets, ses inspirations, vous saurez tout de cette talentueuse créatrice de sacs à mains.

Géraldine Beauvais, dans son atelier.

1) Présentez-vous et parlez-nous de Demoiselles Rose :

Je m’appelle Géraldine Beauvais, j’ai trente ans, et voilà trois ans, j’ai fondé Demoiselles Rose. Demoiselles Rose porte un « s », car toutes mes créations sont des demoiselles, et le rose symbolise la féminité. C’est aussi un clin d’œil à mes parents qui me portent dans mon projet. Ils possédaient un jardin dans lequel, petite, je plongeais pour sentir toutes ces senteurs, toutes ces variantes de roses.
Je suis autodidacte, et j’ai mon atelier : je dessine, je fais le patron et réalise tout toute seule sans intermédiaire. Je pars d’un tissu neutre, vierge, d’une idée et de là, je vais constituer le dessin, et je vais chercher à créer un sac, ou un accessoire, joli et harmonieux. Il y a beaucoup de travail derrière chacune de mes pièces.
J’ai crée plusieurs collections :
la collection Glamour : de satin beige, elle regroupe des motifs panthère, je m’inspire du rock vintage, des années 50 et Gil Elvgren.
la collection Dita : elle fait référence à Dita Van Teese.
la collection Boudoir : de satin rose, de vieux rose et dentelles, on me dit souvent que ça fait référence à Chantal Thomas et Fifi Chanil.
Je m’inspire des boutiques Natives, de Leg avenue et leurs cosplays, de Chanel, des robes des années 50 et du prêt-à-porter. Je prends de l’ancien pour le mettre au goût du jour : j’aime beaucoup les pin-up, le vintage, le rockabilly, le punk rock, le glam rock, et le victorien romantique. Je m’inspire aussi du corset, de la lingerie. J’aime donner à mes créations un petit côté Lolita. Je ne suis pas gothique, mais le noir, l’utilisation que je fais des corsets, peut y faire songer. Chacun peut retrouver dans mon style plusieurs styles, et son propre style. Mon univers est un mélange : j’ai toujours plein d’idées.

Son stand aux Champs Élysées

2) Pourquoi avoir baptisé votre nouvelle collection « Dita » ?

Dita von Teese est la déesse de l’effeuillage, des pin-up, du glamour. Son teint blanc, son rouge à lèvre rouge sang n’est pas sans rappeler les Geishas que j’affectionne particulièrement. Pour moi, c’est une déesse de la féminité.

3) Comment vous êtes-vous lancée dans cette aventure ?

La féminité a toujours été au centre de mes créations : c’est elle qui m’inspire. Lorsque j’ai commencé, mes créations et mes dessins étaient moins aboutis : je récupérais des vêtements d’Emmaüs que je détournais en sac à main. Je suis autodidacte, j’ai appris grâce aux connaissances de mes grand-mères, et grâce à l’école Boulle. Je travaillais essentiellement la tapisserie contemporaine : les fauteuils et les rideaux. Je trouvais qu’on passait trop de temps sur le contenu et pas assez sur l’enveloppe. Tapissière n’étant définitivement pas ma vocation, j’ai saisi  l’opportunité de travailler dans le commerce. J’y suis restée pendant sept ans. J’adore le contact humain, j’adore parler aux gens. Cette expérience m’a beaucoup apporté, j’ai notamment compris que la rigité du système et les rapports hiérarchiques ne me permettaient pas de m’épanouir pleinement. Dans ma vie professionnelle, je ne pouvais pas exprimer ma créativité. Je ne suis jamais rentrée dans les cases que l’on m’a assigné, à l’école comme dans ma profession. Il fallait que je m’exprime, sinon j’allais finir par m’éteindre. Je me suis naturellement tournée vers les sacs, j’ai toujours adoré ces accessoires et j’ai créé Demoiselles Rose. Au final, quand on s’écoute et qu’on se concrétise dans un projet artistique, on ne peut qu’évoluer et déplacer des montagnes.

4) Vous avez été admise à l’école Boulle et l’Abbé Grégoire qui sont deux lycées professionnels. Vous avez choisi l’école Boulle. Quelle est la différence entre ces deux écoles ? Pourquoi avoir préféré l’école Boulle ?

A la fin de la troisième, je me suis rapidement orientée dans cette voie car je n’étais pas faite pour persévérer dans un cursus scolaire classique. J’ai postulé avec l’espoir que mon dossier serait retenu. J’ai été admise aux deux, mais j’ai choisi l’école Boulle. Lors des portes ouvertes, ils mettent les petits plats dans les grands pour promouvoir l’école : c’est une très belle vitrine de leurs savoir-faire. C’est très séduisant. J’aurais certainement appris des techniques efficaces à l’Abbé Grégoire, le choix n’a pas été évident. Je me suis orientée à Boulle grâce à sa notoriété.

Sa collection Dita

5) D’où viennent vos inspirations japonisantes ?

Elles viennent de mon copain. J’ai rencontré mon copain il y a quatre ans. J’étais totalement vierge du dessin animé japonais. Mon copain m’a initiée à son passion : il est un grand collectionneur de l’univers de Miyazaki, Takahata, et des studios Chibli. Ce sont notamment ces traits kawaï, les graphismes détaillés, ce milieu féérique qui m’ont parlée. J’arrive toujours à m’inspirer de couleurs, de costumes, de détails, de dessins animés comme la petite sorcière. Dans le château dans le ciel, le personnage principal est modiste : elle crée des chapeaux. Mon copain m’a dit « j’ai pensé à toi » : elle est dans son univers avec ses chapeaux, je suis un peu comme elle, avec mes sacs.
Créer des sacs qui reprennent les sous-vêtements, n’est-ce pas une façon d’affirmer une féminité féministe ?
Mes créations touchent en plein cœur le conscient commun de la féminité. Je suis très sensible au monde extérieur, à la femme et à ce qu’elle renvoie. On met les femmes à nue pour les vendre, et le marketing a souillé le visage de la femme.
C’est culotée de ma part de vouloir exprimer de façon aussi abrupte la féminité. C’est une façon de dire aux femmes qu’elles ont leur mot à dire sur leur propre féminité. Un sac pourrait être anodin, et je vous propose un sac qui affirme une identité. C’est un message fort et percutant que je souhaite passer, un message féministe : je suis une femme et je l’assume. Je suis féminine et alors ? On aime porter nos dessous, ils sont chers, très raffinés. Je prends les dessous et je les mets à la vue de tous, de façon très osée. Toutes les femmes ont quelque chose à dire sur leur féminité.

6) Quels sont vos projets ?

Cela me met du baume au cœur d’espérer d’avoir ma boutique rue Montaigne. Mon leit-motiv est ce projet, car c’est the place to be. Pour Demoiselles rose, j’envisage de développer une collection signature : avec des matières de qualité, afin d’accéder au luxe. Tout sera artisanal : le fermoir sera fabriqué main. J’aimerais développer mon activité en travaillant avec d’autres créateurs dans le milieu français.

7) Comment acheter vos créations ?

Vous pouvez venir sur les champs Élysées où j’expose actuellement jusqu’au 8 janvier, on peut aussi me contacter via mon site internet en m’envoyant un mail à l’adresse demoiselles.rose@gmail.com, ou me téléphoner. Je peux aussi réaliser des pièces sur mesure à la demande, à partir d’une photo, si j’ai le matériel nécessaire.

Son site internet : https://www.demoisellesrose.com
Sa page Facebook : https://www.facebook.com/demoisellesrose/?fref=ts

Skeeter

Skeeter est née le même jour que Chuck Norris, ce qui lui a conféré d'incroyables talents. Après une brillante scolarité au sein de l'école de sorcellerie Poudlard, elle est devenue professeur dans l'école pour jeunes surdoués. Elle prévoit d'épouser son collègue Wolverine.

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