Rogue One : Dark Vador est-il un bon argument ? - La Gazette du Geek

Rogue One : Dark Vador est-il un bon argument ?

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Rogue One ou Dark Vador ? Dans ce film issu de la saga Star Wars, la présence de Dark Vador est un des nombreux clins d’œil. Cela suffit-il à faire un bon film ?

A cette question qui ne semble pas compliquée, il n’y a pourtant pas de réponse simple. En tant que fan de Star Wars, je serais en effet tenté de vous dire que j’ai détesté Rogue One. Oui, pour moi, ce film est d’une lourdeur sans nom. Son esthétique pourtant réussie, ne parvient pas à relever l’omniprésence du fan service qui, par un phénomène d’accumulation, m’a rapidement lassé. En quelques mots : je ne suis pas du tout rentré dans le film, au contraire de Skeeter, qui a littéralement adoré.

Histoire de ne pas imposer mon point de vue, je pense donc qu’il pourrait être intéressant de croiser nos deux perceptions. Dans cet article, vous allez donc retrouver la critique de Rogue One par deux fans, l’un n’ayant pas du tout aimé le film, le second l’ayant tout simplement adoré !

Crall

 Rogue One : Dark Vador et compagnie ?

Rogue One Dark Vador
Saw Gerrera, incarné par Forest Whitaker © Lucasfilm/ Walt Disney Pictures

Rogue One fait partie des longs-métrages que l’on a tout de suite envie d’aller voir quand on est fan de Star Wars. Normalement. Ca n’a pas vraiment été le cas pour moi quand il a été annoncé par Disney. Peut-être ne suis-je pas un vrai aficionado ? Si cette question est légitime, je peux malgré tout répondre que j’ai grandi avec Star Wars et, qu’aujourd’hui encore, j’éprouve beaucoup de plaisir à découvrir son univers étendu. La présence de Dark Vador dans Rogue One n’a donc pas été le facteur déclencheur pour moi. Ce qui m’a vraiment convaincu, c’est finalement toute la campagne de promotion. Efficace, voilà le mot. Jyn Erso, héroïne badass incarnée par Felicity Jones, les rebelles et le gentil robot rigolo : tous ces éléments promettaient un divertissement efficace et très spectaculaire.

A ce stade, vous avez probablement compris que je ne partais pas forcément avec un à priori positif sur Rone One. Le contraire est aussi vrai, d’ailleurs. Pour moi, le film pouvait être un bon prétexte pour insérer des références intéressantes, comme Dark Vador, la base rebelle et l’étoile de la Mort. Je frémissais d’ailleurs d’une certaine impatience à l’idée de retrouver le personnage du seigneur Sith, mais mon enthousiasme n’a malheureusement pas fait long feu. Rogue One, Dark Vador et la force sont des ingrédients un peu trop indigestes. Le film est certes long à se mettre en place, mais ce n’est clairement pas un problème. Au contraire. Bien que les personnages ne manquent pas d’une certaine profondeur, j’ai eu la désagréable sensation d’assister à une publicité de plus de deux heures. Un divertissement habile, bien travaillé, mais qui manque cruellement d’âme. Pour moi, Rogue One est un pur produit marketing, et les clins d’œil à la saga ressemblent à des placements produits… R2-D2 et C3po, la base rebelle et surtout les visages du Grand Moff Tarkin et de la princesse Leïa réutilisés en images de synthèse m’ont fait vraiment horreur.

Pourquoi je critique Rogue One

Dark Vador Rogue One
Toute la team au complet ! © Lucasfilm/ Walt Disney Pictures

Attention, je ne suis pas choqué que l’on réutilise le visage d’un acteur décédé. Pour moi, cette polémique n’a finalement pas lieu d’être, d’autant plus que la famille de Peter Cushing a donné son accord. Non, ce qui m’a gêné, c’est la laideur de ces effets numériques destinés à le résusctiter. Oui, il sont « bien fait », mais les ficelles sont trop grosses, et on voit clairement le trucage. Dans le très critiqué Terminator Genesys, la réplique jeune de Schwarzenegger faisait moins « cheap » à mon goût. Entre ça et la VF de Dark Vador dans Rogue One, on est un peu dans un autre monde. Ce film ne m’a finalement pas fait du tout bonne impression, alors que les bons ingrédients étaient pourtant tous réunis. Pour être honnête, les batailles dans l’espace sont même franchement cool. Elles m’ont rappelé de bons moments passés sur ma GameCube, en train de jouer à l’excellent Star Wars Rogue Squadron 3. C’est donc dire si j’arrive à lui trouver, objectivement des qualités.

Rogue one Dark vador
© Lucasfilm/ Walt Disney Pictures

Malheureusement, ça s’arrête là. Malgré le talent des acteurs, et le parti-pris courageux de montrer le côté sombre de la rébellion, parfois limite au niveau de la moralité, Rogue One sent beaucoup trop le marketing. Les personnages, à part Jyn et Cassian Andor, sont particulièrement lisses, et parfois même trop caricaturaux pour me faire rire. Chirrut Imwe (le gentil aveugle un peu forceux) fait un peu trop corps avec la force pour moi, Bodhi Rook le pilote est inutile, et le robot K-2SO est rigolo, mais ses punchlines sont trop présentes, parfois irritantes même. Mais tout ceci n’est que mon humble avis, bien entendu !

 Skeeter

Rogue One, le renouveau de l’univers Star Wars

Rogue One Dark Vador et Galen Erso
Mads Mikkelsen dans le rôle de Galen Erso © Lucasfilm/ Walt Disney Pictures

Contrairement à Crall, je n’ai ni râlé, ni soupiré à la fin de la Rogue One (même s’il n’a pas du tout du tout du tout envie de vous l’avouer). J’ai, pour ma part, bien apprécié l’ensemble. J’ai beaucoup aimé le scénario, même si, je crois qu’il aurait pu être mieux traité. En effet, les péripéties nombreuses ne laissent pas assez de place au développement de chaque personnage. J’aurais aimé connaître leur passé, et savoir comment chacun en est venu à se joindre à cette aventure : leur motivation profonde n’est jamais détaillée, tout comme leur caractère. Le seul personnage travaillé, mais là encore, pas suffisamment, est Jyn : j’ai beaucoup aimé le jeu de Felicity Jones, et l’histoire de son personnage. Lucas nous avait toujours présenté Luke comme le dernier des Jedi, et ce Star Wars le contredit tout en suggérant que la force peut faire de vous un chevalier, même si vous n’êtes pas un Jedi.

Par contre, Dark Vador dans Rogue One semble être un banal méchant de seconde zone. Ses apparitions sont brèves et sans intérêt, si ce n’est d’affirmer sa suprématie de « Méchant ». Cette interprétation est, je le crois, contraire au personnage d’origine. Dark Vador est un personnage emprunt de dualité et d’ambiguïté : il n’est pas seulement le sous-fifre de l’Empereur Palpatine, il est aussi un ancien Jedi meurtri par la perte de son premier amour et de ses enfants. La vision qu’en donne ce film est très réductrice. Même si je n’ai pas du tout accroché à la prélogie des années 2000, j’ai adoré l’idée qu’Anakin Skywalker n’ait finalement été qu’un homme corrompu par ses désirs les plus ardents, et non pas un sadique né. Dans ce film, exit l’histoire terriblement romanesque, place au tueur de sang froid, à la caricature du méchant qui balance des punchlines grotesques à tout va. Place à la testostérone, au muscle, au thug.

Un contexte qui aurait gagné à être étayé

Rogue One Dark Vador et la force
Chirrut Imwe, incarné par Donnie Yen ©  Lucasfilm/ Walt Disney Pictures

J’ai aussi été déçue par l’absence du contexte galactico-politique comme savait nous en servir Lucas : dans tous les Star Wars, c’est ce contexte tendu et hostile, qui donne du sens à la rébellion des personnages et à leur envie de se battre pour un monde meilleur. Ce contexte n’est pas du tout développé dans Rogue One, il est à peine survolé. Les personnages principaux en sont pourtant des acteurs forts : Rebelles, Renégats, ou sous-fifre de l’Empire, ils tiennent des rôles de premier plan. Seulement voilà, Rogue One ne s’attarde pas sur le contexte, mais davantage sur les motivations personnelles de chacun : on suit les personnages évoluer dans cet échiquier géant sans jamais comprendre comment, ni pourquoi sont tirées les ficelles. L’intrigue ne se suffit pas à elle-même, elle existe dans un contexte qu’elle n’exploite pas suffisamment pour conférer des enjeux réels.

Rogue One : Un Disney comme on les aime
Rogue One et Dark Vador
© Lucasfilm/ Walt Disney Pictures

Le point fort de Rogue One se trouve ailleurs : comme dans tout bon disney, vous ne pourrez pas rester insensible à ses scènes fortes. J’ai tremblé pour les personnages, j’ai vibré lors des scènes d’action, j’ai été émue par le final… Mais j’ai aussi conscience que certaines scènes ont été exagérées, à la limite de la caricature, pour donner au spectateur une émotion forte. Rogue one peut se targuer d’être un très bon film Disney. En fait, Rogue One est un Disney classique, qui se déroule dans l’univers de Star Wars : vous apprécierez son scénario simple mais efficace, son méchant sadique, son héroïne débrouillarde, le héros chevalier servant, et son droïde qui fait des blagues nulles.

Au final, l’ensemble tient la route : Rogue One remplit son cahier des charges. C’est un bon divertissement qui permet de patienter en attendant l’épisode VIII. Cependant, la réalisation accuse un manque de profondeur : elle se centre trop sur l’action présente, et pas assez sur les histoires personnelles de chacun qui aurait mérité d’être développées, ne serait-ce que pour que l’on puisse s’attacher un peu à plus à ces rebelles. Le côté obscur de la Rébellion est suggéré, mais pas nous n’en voyons pas les rouages et les mécanismes, ce qui est fort dommage. Pour toutes ces raisons, j’ai de loin préféré l’épisode VII : on y retrouve un Premier Ordre qui prend comme référence le nazisme et les Soviétiques, un méchant qui est tiraillé entre l’ombre et la lumière, une héros qui hésite constamment entre fuir et poursuivre ses rêves, et une héroïne badass.

Crall

Seigneur des geeks de toute la terre, fondateur et rédacteur en chef de La Gazette du Geek, force de la nature mais, surtout, geek qui boit du vin et mange des paupiettes de veau à quatre heure du matin.

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