Les youtubers : une rêve-olution ? [partie 2] - La Gazette du Geek

Les youtubers : une rêve-olution ? [partie 2]

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Youtube ou l’avènement d’une utopie féministe ! Aujourd’hui, la deuxième partie de notre dossier youtubers : les youtubeuses.

Il y a eu un avant et un après Youtube. Surtout pour Les filles.

Pour aborder le sujet, commençons par évoquer le contraire du féminisme : le machisme. Je tiens personnellement à remercier Fabien Fournier d’avoir crée Noob, le personnage d’Omega Zell et celui de Gaea. Dans les saisons et les films Noob, cette tendance sociétale est vivement condamnée. Pourtant, la critique bien sentie de Noob tient plus de la constatation que de la critique véritable : peu de filles s’éclatent aux jeux vidéos et une minorité de gars (minorité, c’est-à-dire quelques uns) se croient supérieurs aux femmes car dotés d’un pénis. Oui, c’est moche.

joueur du grenier barbieEn outre, les premiers jeux « pour filles » étaient le produit d’un machisme puant, comme l’a démontré le Joueur du Grenier en analysant le jeu Barbie ou La Belle et la Bête.

Gaea est l’une des rares actrices et youtubeuses française à être aussi gameuse et féministe. Elle n’hésite pas à lancer certains débats sur le sujet.

Certains de ses podcats évoquent avec beaucoup de justesse l’un des problèmes auquel sont confrontées les femmes : la schizophrénie (« Tu peux pas aimer ça »). La génération Y a vu/lu Twilight, et même si je n’ai jamais adhéré, ni aimé, ni adulé, j’ai connu beaucoup de filles qui étaient mordues (c’est un jeu de mot) de Robert, qui décidément, porte un prénom de vieux (la rédaction s’excuse auprès de tous les Robert).

D’un côté, Gaea entend le discours péjoratif et dépréciatif sur Twilight, de l’autre, elle voit des chiffres record au box-office. Gaea finit par émettre l’hypothèse que les fans n’assument pas leur passion pour Robert, parce qu’ils se « sentent persécutés ». Elle met en lumière un vrai problème : les filles ont-elles la même liberté d’expression que les hommes, étant donné qu’elles peuvent aller acheter des places pour Twilight, mais qu’affirmer leur dévotion pour ce genre de films les blâme socialement ? (c’est une question rhétorique). Le succès de Fifty Shades of Grey nous ramène à la même problématique. Il est de même pour les hommes, c’est peut-être même pire pour eux.

C’est exactement ce point de vue que développe nombre de youtubeuses critiques littéraires ou cinématographiques. Elles n’ont probablement jamais lu les grands théoriciens de la Littérature et nombre d’entre elles ne sont pas allées en fac de Lettres, et pourtant, elles parlent de livres comme personne. Surtout, elles vous expliquent mieux que personne que vous pouvez aimer ce que bon vous semble, où est le problème ? Défendre la Liberté d’aimer, ça peut sembler banal, mais dans notre société, ça n’est pas tant que ça, en attestent les commentaires des nombreuses sectes de haters.

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D’autres Youtubeuses critiquent ouvertement le machisme ambiant de notre société. Natou (qui a sorti un magazine féminin parodique, Icônne) a par exemple tourné en dérision dans l’une de ses vidéos un commentaire peu flatteur : « tu es drôle pour une fille ». Quant à Andyraconte, elle s’est amusée à comparer les réactions des propos prononcés par une petite fille de cinq ans et une jeune femme. La vidéo est légère, mais le sujet et la façon de le traiter ne sont pas si anodins qu’ils paraissent.

Enfin, les youtubeuses beauté vivent le féminisme à leur façon.

Avant Youtube, les conseils beauté dans la presse féminine ressemblaient à des petits dessins explicatifs dans le coin d’une page, avec une jolie petite fille qui avait une tête toute pimpante et toute fraîche, et qui se mettait tel ou tel remède de grand-mère pour devenir magnifique. Parce qu’elle le valait bien. Dans la réalité du monde terrestre, quand tu suivais ses conseils, surtout un lendemain de cuite, tu avais peu de chance d’avoir la même tête jouasse que sur le dessin. Oui. J’ai testé. Oui. J’avais une tête de zombie trop maquillée. Non, je ne veux pas en parler.

Puis, Youtube est arrivé.

Face à nous, tout à coup, des filles qui nous ressemblaient. Pas des mannequins -à part Andy, mais elle est tellement géniale qu’on la pardonne :)-, ni une belle blonde d’un mètre soixante-douze (à qui j’aurais personnellement aimé pouvoir m’identifier), ni des stagiaires sous-payées (pléonasme) par Elle. Des vraies filles, avec des petits seins, des gros seins, des vergetures, de l’acné… Des filles qui savent de quoi elles parlent quand elles vous expliquent comment vous étaler votre fond de teint sur votre face aussi couverte de boutons qu’une manette de Xbox One.

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Une déferlante de françaises se sont mise à vous expliquer comment devenir jolie, faire plein de trucs trop mignon à la McGyver avec vos mains, de la peinture et de la colle (les DIY), suivre des conseils beauté qui fonctionnent, comme par exemple : mettre son mascara, se faire des masques, étaler avec dignité son blush et son anti-cerne sans ressembler à un pokemon mi-panda, mi-clown. Oui, les magazines féminins le faisaient déjà, mais pas comme ça. Les tutos maquillages étaient tartinés sur des pages de papier glacé, exposant des photos de jeunes filles magnifiques, pour ne pas dire, des photos de bombes sexuelles à vous complexer de sortir en maillot de bain pour toute votre vie.

Ces filles ont amorcé une révolution dans le quotidien de nombreuses jeunes filles/femmes/mamans… Maintenant, les magazines de mode, les marques de cosmétiques, les plateaux télé font appel à elles.

Pourtant, le succès est à double tranchant. Comme leurs confrères et consœurs, beaucoup de youtubeuses beauté se font critiquer car leur chaîne paraît superficielle (bin ouais, ça révolutionne pas le monde de parler de ses cheveux et du look de la prochaine rentrée, ceci dit, le fait de parler des jeux vidéos non plus, mais personne n’a jamais évoqué ça dans aucun commentaire des chaînes concernées, étonnement), et certaines le sont, comme le sont nombre chaînes de gamers.

Toutefois, à y regarder de plus près et entre deux tutos maquillage/coiffage, nombre de Youtubeuse aborde des faits de société : s’accepter telle que l’on est alors qu’on n’a pas un corps parfait, sortir la tête de l’eau après avoir subi du harcèlement. Bref, ces nanas abordent des sujets sérieux, avec éloquence.

Pourtant, nombre de personnes critiquent encore et toujours leur succès. Ces injures, ne sont-elles pas que le reflet de notre société qui compte toujours enfermer les femmes dans un rôle superficiel ? (c’est une question rhétorique.) D’autres youtubers sont fermement engagés contre le viol, comme Durendal.

les youtubeurs une rêve-olution gazette-du-geek (04)A chaque fois que les femmes deviennent autonomes et indépendantes, en évoquant des sujets qui leur plaisent, celles-ci sont soumises à une satire qui vise à décrédibiliser totalement leurs efforts et leur talent. Non, les youtubeuses beauté ne sont pas une sous-catégorie de youtubeuses. Comme tous leurs confrères et consœurs, ce sont des personnes passionnées qui tentent de vivre de leurs rêves et leur passion. Elles méritent leur succès au même titre que Mathieu Sommet, qui d’ailleurs n’a pas hésité à faire un clin d’oeil à EnjoyPhoenix dans l’une de ses vidéos.

A leur façon, avec leurs armes, sur leur terrain, elles combattent le sexisme ordinaire, car ces filles amorcent une révolution féministe dans laquelle les filles ont non seulement le droit de s’occuper de leurs cheveux, mais aussi de d’exprimer leur ressenti sur des faits de société. Elles poursuivent le but premier des magazines féminins, qui ont malheureusement connus de (trop) nombreuses dérives commerciales, les faisant s’éloigner de leur projet initial. J’espère sincèrement qu’elles ne se laisseront pas, elles aussi, se laisser prendre au piège. Désormais, si vous désirez encore les critiquer après avoir lu ces lignes, ne leur enlevez pas ça. Girls power, version 2.0 !

D’ailleurs, de nombreuses chaînes fleurissent pour enfin nous parler de sexualité et de sexe comme ton professeur de SVT ne l’a jamais fait et ne le fera jamais. Les Youtubeuses osent évoquer la sodomie, l’avortement, vous schématiser un hymen, et vous parler de leurs règles. En bref, elles assument leur liberté sexuelle, leurs désirs, et elles aident des milliers de personnes à mieux comprendre leur anatomie ou l’anatomie de l’autre. Qui l’eût cru ? Youtube est en phase de devenir un lieu privilégié pour en apprendre sur nos utérus ! Surtout, Youtube est en phase de devenir le lieu où le féminisme s’exprime, sous toutes ses formes ! Un lieu idéal, donc, que je conseillerai à toutes celles et ceux qui croient encore qu’une paire de seins et d’ovaires nous rend omnipotentes -Marine dédicace.

Longue vie et prospérité,

Skeeter.

Skeeter

Skeeter est née le même jour que Chuck Norris, ce qui lui a conféré d'incroyables talents. Après une brillante scolarité au sein de l'école de sorcellerie Poudlard, elle est devenue professeur dans l'école pour jeunes surdoués. Elle prévoit d'épouser son collègue Wolverine.

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