Interview : John Caljbeut répond à nos questions ! - La Gazette du Geek

Interview : John Caljbeut répond à nos questions !

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Il est trash, cartoonesque et vraiment drôle : Caljbeut a accepté de répondre à nos questions avec beaucoup de gentillesse !

« Caljbeut Cartoons Trashs, on est pas là pour rigoler »: si vous avez déjà entendu cette phrase, c’est que vous connaissez certainement Caljbeut, un youtubeur qui sévit sur la toile depuis quelques temps déjà. Spécialisé dans le cartoon comique, l’homme n’a pas sa langue dans sa poche pour autant, et ne fait clairement pas dans le politiquement correct. On adore !

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– Première, et grande question : est-ce que John Caljbeut est aussi trash dans la vie que dans ses vidéos ?

Je parle de la même façon, j’ai un gros problème, je dis toujours ce que je pense et ça a souvent tendance à m’attirer des ennuis. C’était assez problématique du temps ou j’étais dans l’armée… Par contre, je suis beaucoup moins violent que mon avatar animé, qui frappe sur tout le monde. Je déteste la violence physique en dehors des rings.

caljbeut cartoon trash– Ton look est-il savamment étudié pour te faire ressembler au Duc dans The Big Lebowski ? Si oui, en quoi est-ce que ce film t’a marqué ?

Ma ressemblance avec Jeffrey Lebowski est un hasard qui tombe bien. A mon départ de l’armée j’ai décidé de me laisser pousser la tignasse pour marquer une rupture profonde avec le reste de ma vie. Je suis fils de militaire et et je n’ai pratiquement jamais travaillé en dehors de l’armée. C’était important pour moi d’afficher ce changement radical.

The Big Lebowski est mon film préféré et le Duc me correspond parfaitement. C’est une feignasse qui passe son temps à glander ou à faire ce qu’il aime. Ce film a eu un profond impact sur ma vie au même titre que Fight Club. Pour moi, ce sont avant tout des œuvres philosophiques qui m’ont permis de réorganiser mes priorités.

– Quel a été LE déclic ? Celui qui a fait que tu as décidé de te lancer sur YouTube ?

Un conseil anodin d’un collègue de travail au moment où j’ai montré mon premier cartoon au bureau. Il m’a dit : « tu devrais en faire ton travail. » Cette petite phrase est à la base de tout. Merci Vincent !

– Tes vidéos, sous couvert de l’humour, semblent témoigner de prises de position sociales et morales bien affirmées. Faire réfléchir, c’est une des choses que tu cherches à faire ? Ou s’agit-il simplement de t’exprimer ?

Je cherche avant tout à faire rire les gens, mais si tu peux inciter le public à se poser des questions, à méditer sur tel ou tel sujet, c’est loin d’être une mauvaise chose.

Je propose plusieurs types de cartoons:

– Les conneries sans nom (du style « La liste de Shindler 2 avec Chuck Norris ») qui sont des défouloirs grotesques totalement basés sur l’humour ; j’adore ce style, mais c’est le truc le plus long à réaliser, car il faut que ce soit assez dynamique.

– Les sujets d’actualité (du style « Les frères Kouachi ») qui sont des cartoons réalisés en peu de temps pour coller à l’actualité et sortir avant que l’effet de mode ne passe.

– Les prises de position (les artistes, le sionisme) qui sont des sujets plus travaillés qui me permettent de donner mon avis sur tel ou tel sujet. J’aime aborder les sujets que les autres youtubeurs n’ose pas approcher. J’ai un gros avantage sur mes confrères : j’ai absolument rien à branler du politiquement correct et de la façon dont vont être perçus mes propos. Je suis là pour dire ce que je pense et non pas pour me faire des copains.

Interview John Caljbeut répond à nos questions !

– Au cours d’une interview accordée à VotreJournaliste.com, tu as déclaré porter un certain intérêt au travail de Durendal. Peut-être es-tu au courant de l’affaire France Culture, qui remonte maintenant à décembre 2014 ? Est-ce que, d’après toi, ce genre de situation est le signe qu’un fossé se creuse entre les médias traditionnels, et le monde du web ?

Cette histoire m’a fait rire, les deux infâmes tocards de la radio qui critiquent Durendal pour sa vulgarité n’ont aucune conscience d’être des reliques du passé. Ecoutez le couillon qui se vante d’avoir enseigné à science po, avec son intonation digne d’un salon de thé du 18ème qui prend Durendal au sérieux quand il dit qu’il faut « euthanasier Godard ». Ce blaireau y voit un appel au meurtre alors que ce n’est qu’une blague à la con. Bin ouais, il faut surtout pas toucher à Godard, ce minable à appris à l’école que Godard c’était bien…

Tous ces gens avec leur balais dans le cul sont des fossiles condamnés à disparaître dans un avenir proche, leur auditoire est intégralement composé de vieux à l’article de la mort, et de snobinards sans caractère. Le vrai drame c’est que ces couillons ,de par leur incapacité à évoluer avec la nouvelle génération, condamnent leurs médias à la décrépitude.

La radio et la télé ont besoin d’évoluer pour survivre, tous ces vieux cons englués dans le vingtième siècle doivent dégager et céder la place à la génération internet qui sait comment parler et captiver un public qu’il comprend et aime profondément. Les publicitaires finiront bien par comprendre où est le vrai potentiel, et c’est à ce moment que les choses vont changer dans le paysage médiatique français.

American Cops
American Cops

– En tant que gamer quel est ton point de vue concernant les jeux ? Est-ce que pour toi, c’est un défouloir, ou il y a une forme d’art qui se cache derrière ?

Le jeu vidéo est ma plus grande passion, je ne le considère pas comme un art mais ma conception de l’art est très particulière. Je pratique le gaming pour me défouler et passer du bon temps avec mes frères et mes potes. Je ne fais que du multijoueurs, à de rares exceptions près (Resident Evil, The Last of Us)

Beaucoup de concepteurs de jeux vidéos sont des génies qui ont toute ma considération même si je ne leur accorde pas le statut d’artiste (comme certains réalisateurs de cinéma). Un bon jeu vidéo est un produit de divertissement de grande qualité qui a la même valeur à mes yeux qu’un bon film ou un bon roman. Je comprend que beaucoup de personnes considèrent ça comme une forme d’art.

– En termes de représentation par les médias « classiques », les jeux vidéo ont eu, et auront encore probablement, leur quota d’imbécilités. Est-ce que c’est un sujet que tu as pensé à aborder, ou est-ce que tu opères le distinguo avec des sujets plus polémiques ou plus « sensibles » ?

Comme dit précédemment, les médias mainstream sont adaptés aux vieux cons, mon public est composé en grande majorité d’ados et de jeunes adultes. Je ne perdrais pas mon temps à leur expliquer un truc dont ils ont totalement conscience. Les jeunes savent depuis toujours que le jeu vidéo est une bénédiction et qu’on a une chance inouïe d’être nés à la bonne époque pour en profiter. Quand Nagui ou Antoine de Caunes affichent leur mépris pour les gamers, ils ne font que creuser le fossé qui les sépare de la jeune génération. Tant mieux, que les vieux débris restent entre eux et qu’ils nous laissent fragger en paix…

– Le ton avec lequel tu abordes l’affaire Matt Podcast dans deux de tes vidéos laisse penser que, pour toi, internet est l’un des derniers bastions de la création originale. Penses-tu qu’un jour cette liberté pourrait être remise en cause (par un état, un nouveau mode de pensée ou un pouvoir quel qu’il soit) ? Si oui, que se passerait il ?

Certains pays ont déjà restreint l’usage d’internet. En France, les hautes sphère aimeraient aussi le faire mais c’est difficile à mettre en place dans un état qui se prétend démocratique. J’ai tout de même peur que la bande d’enculés aux commandes finisse par trouver un moyen de bâillonner les artistes les plus turbulents. Je ne sais pas comment cela serait vécu par le public. Tout dépend de la méthode employée. Il y a deux méthodes radicales pour faire taire un dissident :

– La première technique consiste à le faire disparaître de façon brutale : accident étrange (moto ou hélicoptère par exemple), cancer fulgurant (pizza radioactive), assassinat islamo-assisté (Je suis Charlie). Le problème de cette méthode c’est qu’elle a tendance à éveiller les soupons de la population et a créer de mythes et des martyrs. C’est une sorte de passeport pour l’immortalité.

– La seconde technique consiste à noyer le dissident sous des montagnes de pognon en l’intégrant dans le système médiatique mainstream. Le pognon à l’avantage de faire disparaître les convictions. On peut facilement transformer le plus énervé des révolutionnaires en gentil rebelle en carton avec cette méthode. Cette tactique a aussi l’avantage de passer inaperçu et elle a fait de nombreuses fois ses preuves.

Caljbeut cartoons trashs

– As-tu déjà été abordé par la presse et les médias traditionnels ? Si ça n’a pas été encore le cas, quelle serait ta réaction si ça se produisait ?

Etant donné le type de contenu que je produis, je ne suis diffusable qu’à la télé. Ça m’étonnerait qu’on m’approche avec ce que je leur mets dans les dents. Dans le cas ou ça arriverait, je serais contraint de rendre mon contenu moins politisé et de me concentrer sur les productions purement humoristiques, ce qui ne me dérangerait pas outre mesure. Cependant, je ne sais pas comment le prendrait mon public. Je ne vis que pour satisfaire mon audience et je ne voudrais surtout pas trahir mes fans de la première heure en faisant des concessions pour engranger un max de pognon. C’est difficile de répondre à une telle question, car même si je suis persuadé d’être un incorruptible, le fric est la plus forte méthode de persuasion au monde…

– Comment vois-tu le monde dans dix ans ?

Si Trump passe aux Etat-Unis, je pense qu’il va provoquer des changements radicaux dans le monde. Le résultat final ne sera pas forcément aussi mauvais que les gens le pensent, mais la phase de transition va être très meurtrière.

Si Trump ne passe pas, la situation globale va continuer à empirer progressivement. Pollution et pauvreté vont s’acroître petit à petit sans que les gens ne réagissent ; de toute façon il est déjà trop tard…

– Comment et où te vois-tu dans dix ans ?

Si ma popularité continue à augmenter, dans dix ans je serais soit mort soit très riche, ça dépend de la méthode que l’aristocratie va choisir pour calmer mes hardeurs…

Question bonus :

– Est-ce que les poils de torse de Chuck Norris ont influencé ta façon de concevoir le cartoon ?

Evidemment, l’orientation de la pilosité de Chuck à des répercussions dans tous les domaines de la vie, et ce pour chaque habitant de l’univers…

Crall

Seigneur des geeks de toute la terre, fondateur et rédacteur en chef de La Gazette du Geek, force de la nature mais, surtout, geek qui boit du vin et mange des paupiettes de veau à quatre heure du matin.

Une pensée sur “Interview : John Caljbeut répond à nos questions !

  • 4 juin 2016 à 16 h 59 min
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    J’adore sa façon de s’exprimer qui est plutôt bien bourrin. Il fait vraiment un bon travail que ça soit pour les textes des vidéos ou pour les animations. Franchement bravo à lui, les youtubeurs français aussi créatifs, ça manque.

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