The Leftovers : critique d'une des meilleures séries - La Gazette du Geek

The Leftovers : critique d’une des meilleures séries

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Il y a peu, j’ai entamé un marathon « séries » avec The Leftovers. J’avais du temps et, surtout, une excellente recommandation d’un ami. En l’espa ce d’une semaine et demi, j’ai littéralement baigné dans un autre univers. The Leftovers, la critique par la Gazette du Geek, c’est maintenant !

The Leftovers : résumé de l’histoire

L’histoire de The Leftovers, c’est surtout un contexte, à mi-chemin entre le thriller psychologique et la science-fiction. Trois ans après que deux pour cent de la population ait mystérieusement disparu de la surface de la Terre, les survivants tentent de se reconstruire. Adaptée du roman de Tom Perrot, Les disparus de Mapleton, la série est un vraie bijou. On y suit le quotidien de plusieurs personnages, dans la petite ville de Mapleton, et notamment celui du Shérif Kevin Garvey, dont la femme a rejoint une sorte de secte : les Coupables Survivants. Dans ce rôle, à la fois touchant et parfois ambigu, Justin Theroux est d’ailleurs vraiment parfait.

L’intrigue de la première saison de The Leftovers prend place alors que la ville se prépare à célébrer le troisième anniversaire de la grande disparition (événement baptisé « Le Ravissement »). Chargé de la sécurité, Kevin craint que les Coupables Survivants n’interviennent pour semer le chaos, et commence à souffrir d’insomnie.  Dans ce climat de tension, il fait la connaissance de Nora Durst, dont toute la famille a disparu (son mari et ses deux enfants). Cette rencontre, on ne s’en rend compte que plus tard, sera le point de pivot de tous les reste de la série. En effet, si l’intrigue ne se porte uniquement sur ces deux personnages, leur importance n’est pas moins capitale. Mais ça, c’est quelque chose que vous ne pourrez constater que par vous-même en regardant The Leftovers.

The Leftovers critique

The Leftovers : entre psychologie, symbolique et théories

Tout au long des trois saisons qui ponctuent la série, ce sont les émotions qui priment. Les héros s’aiment, souffrent, se haïssent et se déchirent. Que ce soit le pasteur Matt Jamison, se débattant pour faire vivre sa femme dans le comas, ou Meg, tombée dans la secte des Coupables Survivants sous l’influence de Patti Levin (qu’est-ce qu’on la déteste, elle !), The Leftovers est incroyablement juste. Chaque scène est toujours impeccablement interprétée. On voit rapidement que la série pose LA bonne question : que devient-on lorsqu’on ne peut pas faire son deuil ?

En psychologie, le deuil s’apparente à la faculté, pour un individu, de se reconstruire après un choc émotionnel comme la perte d’un être cher, par exemple. Si on se penche d’un peu plus près sur l’une des théories les plus connue autour du deuil, on peut en citer les cinq étapes :

  1. Le déni ;
  2. Le colère ;
  3. Le marchandage ;
  4. La dépression ;
  5. L’acceptation.

Une des théories les plus intéressantes, selon moi, c’est que les personnages sont coincés à différents stades du deuil. Même si cette théorie est très personnelle, j’y vois une explication assez évidente au mal qui habite les survivants du ravissement. Au lieu de faire front pour se reconstruire ensemble, ils évoluent tous différemment dans leur deuil, et n’arrivent pas à se reconstruire.

Les Coupable Survivants :The Leftovers critique

S’il y a bien un groupe de survivants qui a le don de m’énerver, c’est bien les Guilty Remnant (Coupables Survivants). Loin d’être sympathiques, ses membres affirment que plus rien n’a d’importance, et qu’il ne faut pas célébrer le Ravissement. Ils s’habillent en blanc, passent leur temps à fumer, ont renoncé à la parole, et prétendent que la vie ne doit pas reprendre son cours normal. D’après moi, ils sont les plus touchés par le deuil, car sous couvert d’accepter la disparition de leurs proches, ils sont en réalité incapables de se reconstruire. Les Coupables Survivants n’ont jamais dépassé le stade du Déni. Ils refusent en effet de se reconstruire, en prétendant ne plus rien ressentir.

Kevin Garvey, le shérif de Mapleton

L’émotion qui caractérise le mieux Kevin, c’est sa colère. Même s’il n’a perdu personne lors du Ravissement, il est profondément en colère contre cette situation qui lui a fait perdre sa femme, partie rejoindre Les Coupables Survivants. Kevin est, en outre, caractérisé par sa dualité. Sur ce point, je n’en dirai pas davantage, histoire de vous laisser un peu la surprise.

Nora Durst

Sous ses airs de jeune femme bien sous tous rapports, Nora Durst est traumatisée par la disparition de son mari et de ses deux enfants. Si, en public, elle parvient à conserver les apparences, en privé, elle s’effondre littéralement. Chez ce personnage, la dépression est indéniable. En effet, elle n’arrive pas à se relever du drame dont elle a été victime. Pour faire face à sa peine, elle va même jusqu’à payer des prostituées pour se faire tirer dessus en portant un gilet pare-balles.

Le cas de Meg – Attention, zone spoilers

Bien que le personnage ait les traits d’ange de Liv Tyler, c’est certainement l’un des plus mauvais de toute la série. Meg, au début de la série, apparaît comme une jeune femme dépressive. Elle quitte son compagnon, que je trouve particulièrement patient, d’ailleurs (mais peut-être suis-je moi-même un être sans coeur), pour rejoindre la secte des Guilty Remnant.

Rapidement, sa dépression fait alors place à une sorte de résignation, qui n’est autre que du déni. Peu à peu, Meg devient alors de moins en moins sympatique, à mesure que Laurie reprend  pied dans la vraie vie.

Elle finira par dépasser ce déni, et le remplacer par la colère. Consummée par la haine, en tentant de semer le chaos dans la ville de Miracle contre l’avis de propre secte, elle finira par mourir sous les feux d’un missile de l’armée.

Wayne Gilchrest : met les gens en état de marchandage

Wayne Gilchrest the leftovers

Holy Wayne, pour les intimes, est le gourou d’un secte dont fait partie Tom Garvey, le fils de Kevin, au début de la série. D’après ses fidèles, il est capable de « prendre » la peine des gens en les prenant dans ses bras. Il proposera d’ailleurs cette « délivrance » à Nora, contre une forte somme d’argent. On sait peu de choses de lui, si ce n’est qu’il finira abattu par les forces de l’ordre. Cependant, son pouvoir, réel ou non, a une importance capitale dans la série. En effet, en libérant les gens de leur douleur contre une somme d’argent, il concrétise leur besoin de « marchander » pour terminer leur deuil. Personnellement, c’est un de mes personnages préféré. Pourquoi ? Parce qu’on ne sait presque rien de lui, mais que la place qu’il prend dans la saison 1 est capitale.

La symbolique religieuse et les questions en suspens

The Leftovers critique d'une des meilleures série 5

Damon Lindelof et Tom Perrota ont fait un excellent travail. Avec The Leftovers, ils ont su livrer un divertissement qui multiplie les théories, sans jamais y répondre. Comme quand Kevin échappe plusieurs fois à la mort et devient, pour son beau-frère, une sorte de sauveur. Matt ira même jusqu’à écrire un récit biblique de sa vie. Pour autant, jamais la série ne confirme clairement une hypothèse.

Est-ce que Nora est réellement allé dans cet univers parallèle où vivent les disparus ? Le père de Kevin est-il psychotique ou medium ? Le grand-père d’Evangeline souhaitait-il sauver Kevin, ou pensait-il venger sa petite-fille ? Les expériences de mort imminante de Kevin sont-elles le fruit de son imagination, ou a-t-il triomphé de Patti et de la maladie psychiatrique qui le guettait ?

On ne sait jamais vraiment, et c’est peut-être mieux en fait. Personnellement, j’ai adoré être transporté dans cet univers. J’ai ma petite idée sur ce qui est vrai et ne l’est pas, mais cela ne m’a pas empêché de d’envisager d’autres « réalités » à ce que montre la série. Le dernier épisode, quoi qu’il en soit, est une vraie réconcilliation. Il permet à Kevin et Nora de s’aimer, et c’est ce message que j’ai particulièrement apprécié. Merci HBO  🙂

Crall

Seigneur des geeks de toute la terre, fondateur et rédacteur en chef de La Gazette du Geek, force de la nature mais, surtout, geek qui boit du vin et mange des paupiettes de veau à quatre heure du matin.

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