Tara Duncan, une caricature d'elle-même [2] - La Gazette du Geek

Tara Duncan, une caricature d’elle-même [2]

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Aujourd’hui, Marion et Skeeter continuent de balancer du lourd sur une saga qui connaît un succès marketing critique. Cette fois-ci, ce sont les personnages qui sont passés à la loupe.

Comme nous l’avons précédemment décrypté, il y a eu un avant et un après tome 6. Avant le tome 6, les personnages coexistaient dans un univers magique. Ils vous emportaient avec eux dans de trépidantes aventures. Ils n’étaient pas encore (trop) beaux, incroyablement sexy (#imsexyandiknowit), ou dotés de pouvoirs surpuissants. Et puis, XO éditions et l’auteure elle-même ont décidé de sacrifier l’ensemble de ces personnages sur l’autel du marketing, de l’argent et du succès facile. Voici donc un aperçu des personnages avant et après le tournant tragique qu’a pris la saga.

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Tara, Moineau et Cal, ainsi que Galant le familier de Tara.

Marion et moi avons aussi décidé d’inclure des funs facts, signalés par ce logo :

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Tara

Dans le premier tome, Tara est une grande blondinette, aux yeux bleus, plutôt naïve, mais déjà déterminée. Elle apparaît comme une sympathique jeune fille un peu fort en gueule, qui a l’excuse de la jeunesse impatiente pour rentrer dans le lard des adultes et refuser de se plier à leurs exigences ; de la puissance un peu brute, mais la délicatesse de laisser ses amis exister dans le récit.

On finit par se coltiner une adolescente, puis une jeune femme, aux pouvoirs tellement démesurés qu’ils résolvent tous les problèmes (fin du monde, être chers disparus, dépannage d’ordinateur), qu’elle en soit la source ou la victime. Car les grands méchants lui en veulent, à elle, toujours à elle, constamment, tout le temps. Elle devient l’étoile éblouissante d’un système narratif qui ne tourne plus qu’autour d’elle. Sa lumière efface la présence de ses amis, devenus prétextes à des tourments pubères : les relations amoureuses, les jalousies, les remords, et tous ces autres problèmes adolescents que vous aviez déjà détestés dans Twilight.

Tout lui est constamment pardonné, tout lui est constamment dû. Ses parents sont morts : elle peut les consulter sous forme de fantômes, voire tenter de les faire revenir ; elle traite son premier copain (nous y reviendrons) comme une serpillière sentimentale : il ne lui en tient pas rigueur (pouuquoooi ?) et accepte même de voir son meilleur ami finir avec elle, comme ça, à l’aise, pépouze ; elle s’entête à faire des trucs interdits au commun des mortels, comme concocter une potion de résurrection, ça dégénère (comme prévu) et on lui PARDONNE (comme prévu).

Et parmi les composantes les plus horripilantes de sa personnalité, son caprice fétiche : « je veux être une préside… une jeune femme normale », alors que ça fait des années qu’on lui dit que :

  1. Ma poulette, t’es l’Héritière d’un empire et t’as accepté d’endosser cette responsabilité ! Alors comment te dire que ta complainte du « je suis une princesse blindée et malheureuse, je veux vivre dans un trou paumé sur Terre, bouhou », on a du mal à y adhérer ?
  2. Tu es la descendante du plus grand sortcelier d’Autremonde, faut assumer un peu au bout de 12 tomes.
  3. Tes pouvoirs sont tellement surpuissants que c’est plutôt une bonne idée de rester auprès d’autres sortceliers susceptibles de t’aider à les maîtriser, parce que t’as provoqué au moins trois fins du monde depuis le début de la saga. Merci pour nous, des bisous.
  4. Faudra que tu nous expliques en quoi une fille prétendument normale est capable d’attirer autant de soupirants que toi en l’espace de douze livres ! Sans rire, ça en devient comique à la fin ! Petite liste, histoire de mettre à mal la confiance en eux de nos lecteurs célibataires (on vous embrasse au passage) :
  • Fabrice, le meilleur ami un peu entiché
  • Robin, le chevalier servant
  • Jérémy (bien que ce soit sous la contrainte d’un sort, ce fut fatiguant.)
  • Sylver, le Luke Skywalker raté de la série
  • Archange, le prince des démons entreprenant (on en pas parlé avant, mais il n’a aucun intérêt, donc OSEF)
  • Cal, le meilleur ami de toujours frappé d’amour du jour au lendemain

Tara Duncan, une caricature d'elle-même 2 Gazette-du-geek (03)Ceci sans compter le nombre infini de passages où il est fait mention de l’extraordinaire beauté de Tara. Alors oui, en fait, c’est pas de sa faute : nous apprenons au tome 7 qu’elle est victime d’un sort que sa mère lui a transmis, une malédiction qui fait tomber amoureux les gens qui la regardent. Outre le fait que ce soit très étrange, puisque dans cette configuration, des cas de jeunes filles amoureuses de Tara auraient dû se déclarer (ou alors le sort n’est réservé qu’aux hommes musclés et hétéros), le plus beau reste cette incursion dans les pensées de Cal, qui décrit la vision d’une Tara débarrassée du charme de beauté. Et quels défauts physiques décèle-t-il enfin chez elle, maintenant que le voile magique est levé ? Accrochez-vous.

« Un duvet blond sur la lèvre supérieure et un petit bouton d’acné sur la tempe. » Wow. Ben les gars, ça valait le coup de faire sauter le sort, ça change tout. Mazette. C’est l’un des reproches fondamentaux que l’on peut faire à Tara Duncan : tout le monde est BEAU. Et on vous parle pas de personnes qui ont « du charme » ou du « charisme », non. C’est de la beauté. Et une beauté bien classique, bien occidentale et moderne, de chez nous. Betty l’amie terrienne croisée au premier tome, c’était une petite ronde sympathique. On la retrouve au tome 5 et paf ! la voilà roulée comme une déesse, mince et musclée. J’vous jure. Bref, finalement, dans les tomes suivants, Betty va redevenir Molaire, et se faire le petit frère de Tara. Ouais tant qu’on y est. En plus, ça arrive comme ça, d’un coup ! Jar se découvre des sentiments pour Betty, alors qu’il n’a qu’une seule idée en tête depuis toutes ces années : devenir le maître du monde. Lui, Jar, sans explication, s’entiche donc de Betty, humaine banale (en proie à des crises de paranoïa depuis son séjour sur AutreMonde). Le problème du traitement réservé à ce personnage réside aussi dans la description de Betty : elle la jeune et jolie jeune fille ronde qui s’assume, pleine de joie de vivre. Ah…attendez, le livreur de clichés avait oublié un colis, il est revenu sonner à la porte.

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Tout le monde finit en couple à la fin de Tara Duncan, du puceau délaissé au vieux dragon oublié de tous. Après tout, quand on est beau, on trouve quelqu’un, donc tout ça reste très logique.

Cal

Tara Duncan, une caricature d'elle-même 2 Gazette-du-geek (04)C’était le rigolo de la bande, le Voleur malin qui se déplaçait plus discrètement qu’une ombre, du haut de son frêle mètre soixante, toujours prêt à détendre l’atmosphère d’une bonne blague, à taquiner les membres grognons du groupe ou à pasticher les travers de chacun. Cal, c’était votre dose d’humour sympatoche à chaque chapitre. C’était. Ô imparfait douloureux. Au final, qu’avons-nous ? Plus grand chose. Cal fait désormais un mètre quatre-vingt et est plus baraqué qu’un menhir pas taillé. Pourquoi ? Parce qu’il est tombé amoureux de Tara et que Tara est grande et que Tara ne peut pas sortir avec un mec plus petit qu’elle et épais comme un grillon. L’argument officiel ? Poussée de croissance magique. Lol.

Officieusement, si vous suivez la recette de l’Autremondien Héroïque de Base, vous trouvez les ingrédients suivants :

  • Un regard magnifique – une cuillère à soupe
  • Des abdos en acier – deux bonnes poignées
  • Une haute taille qui fait viril – une louche généreuse
  • Des réflexes de combattant émérite – une cuillère à café sans timidité
  • Un sourire irrésistible – une pincée subtile
  • Et des abdos en acier. (Oui double-dose, y’a jamais trop d’abdos)

Depuis qu’il est tombé amoureux de Tara, Cal est devenu l’ombre de lui-même : exit l’humour, l’impertinence et bonjour la prévisibilité et la platitude. Il ne fait plus rire, il ne se renouvelle pas. Cal, on l’aimait en tant que petit Voleur malicieux. Mais la malice s’est évaporée sous le soleil brûlant nommé Tara. Etre un Voleur quand vous passez aussi inaperçu qu’un mammouth sur une plage bondée de Copacabana, c’est…compliqué ?

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 Mara, la sœur de Tara, fut raide amoureuse de Cal. Mais pas grave, elle s’est consolée avec Archange, un ex soupirant de Tara. Les Duncan ont le sens de la famille ! #FeuxDeLAmour

Robin

Alors là, on touche à un point sensible. Robin n’a jamais été particulièrement aimé par les fans en général, et l’explication est toute simple : ce que SAM en a fait frôle l’assassinat de sang-froid.Au fil des tomes, Robin est mort grosso modo sept fois (oui.) ; il aurait mieux fait de ne jamais revenir et de se cantonner à son premier trépas. Cela lui aurait évité de finir immolé sur l’autel de la surenchère pathétique. Au début de l’histoire, nous avions un personnage prometteur. Son arc narratif principal décrivait un jeune métis, tiraillé entre ses parts humaine et elfique. Son combat quotidien contre ses pulsions d’elfe belliqueux et sa pondération humaine offrait un protagoniste complexe, point de mire des moqueries. Le racisme faisait une entrée détournée et intéressante dans ce monde magique si léger, dès le deuxième tome. C’est avec une certaine jubilation qu’on a vu Robin manier l’arc légendaire de Lillandril, que les elfes vénèrent sans pouvoir le toucher. C’était une petite victoire. Le tome 5 nous a fait découvrir plus étroitement les dilemmes moraux de Robin et la personnalité de ses parents, si différents et pourtant amoureux, aimant leur fils sans songer qu’il est moitié ceci, moitié cela.

La saga aurait dû permettre à Robin de résoudre ses complexes, de triompher du racisme dont il était sournoisement victime : c’était l’occasion pour SAM, qui aime tant donner des leçons de vie, d’élever son personnage et de lui faire prendre sa revanche, aussi mince soit-elle. Tout était réuni pour que le papillon éventre sa chrysalide. Effet pétard mouillé. Dès le tome 6, l’amour de Robin pour Tara, enfin réciproque, envahit son arc narratif. On aura pu le trouver mignon, un peu agaçant ou niais, ce grand guerrier énamouré qui a composé un poème pour Tara. Toutefois, ce qu’il est devenu l’a réduit au simple et triste état de « petit ami bonne poire de l’Héritière ». Et une fois vidé de sa substance, que reste-t-il ? Le physique.

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Jean-Claude Duss, version lui-même.

Robin restera dans les annales de Tara Duncan comme « le beau demi-elfe aux yeux de cristal, à la chevelure argent striée de mèches ébène, aux abdominaux d’acier et aux talents guerriers incomparables » ; le gars qui appelle sa meuf : « ma tant aimé » et « mon calice d’ambroisie ». Oui. Oui. Il restera à jamais le gars qui se sera sacrifié pour Tara un nombre incalculable de fois, sans jamais réussir à conclure avec. Nos cœurs saignent. Un Jean-Claude Dusse, version elfique.

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Robin deviendra le parrain des enfants de Tara et Cal. Les elfes, rancuniers ? Du tout.

Moineau

Tara Duncan, une caricature d'elle-même 2 Gazette-du-geek (06)Au commencement, Moinau c’est une fille attachante, la cérébrale de l’équipe, la nana timorée qui se cache derrière son surnom, alors qu’elle porte le prestigieux prénom de Gloria. Ça serait banal si Moineau n’avait pas pour ancêtres la Belle et la Bête, ce qui lui permet de se transformer en montagne de poils et de muscles dès qu’on vient la chatouiller. L’idée est sympa et nous rappelle the Beast des comics Marvel. Hélas, Moineau devient de plus en plus transparente, une sorte d’Hermione Granger discount qui ne fait plus que de pâles interventions face à SuperTara, dont les plans (foireux) emportent souvent l’adhésion du groupe. C’est donc à travers ses problèmes de couple que Moineau vivote après le tome 6. Soit la moitié de la série. Décadence, quand tu nous tiens.

Moineau restera la jeune fille décrite un chapitre sur deux comme « terriblement timide », puis évoquée dans le suivant comme « ayant enfin repris confiance en elle ». Schizophrénique : nouveau qualificatif pour l’écriture de SAM. Sans compter que nous avons droit à quelques passages savoureux (goût vomi de Dragées Bertie Crochue), où la série tente encore et toujours de s’aventurer dans du contenu et des thèmes plus « matures ». En gros, nous obtenons un aperçu de Fifty Shade of Grey avant l’heure, en mode « 50 nuances de poils », avec des sous-entendus franchement désagréables sur les échanges…vigoureux que peuvent bien avoir une femme capable de se changer en Bête de plusieurs centaines de kilos, et un loup-garou vénère qui s’initie aux sciences occultes dans son coin. Oui, vous pouvez percevoir, dans le lointain paysage de notre adolescence piétinée, des claquements de fouets et les échos torturés d’altercations ponctuées de morsures de monstres au sang échauffé.

Nous ne voulons pas savoir comment, ni pourquoi. A vrai dire, au risque de nous répéter, nous n’avons jamais souhaité que SAM prenne en charge notre éducation sexuelle en décidant que, franchement, son bouquin est peut-être un peu trop rose bonbon et qu’il serait ptet temps d’ajouter du cuir et des moustaches. Imaginez, c’est comme si vous appreniez que Harry et Ginny s’adonnaient à l’échangisme avec Hermione et Ron, pendant que les gosses sont casés à Poudlard. On juge pas (même si ce serait un peu sale, puisque Ron et Ginny sont frères et sœurs), mais bordel, laissez notre enfance tranquille, on se serait pas égarés dans le rayon jeunesse si on avait voulu du gémissement et du mordillement sauvage. Passons, que cet article demeure tout public.

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Moineau finit avec Fabrice parce qu’il faut bien un exemple de héros s’étant mis en couple à quatorze ans et ayant préservé leur flamme malgré les épreuves. Ils auront certainement des bébés très poilus, du genre Chewbacca croisé avec Demis Roussos.

Fabrice

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On vous jure, Fabrice a essayé. Mais il est nul.

Ben tiens ! Puisqu’on parle du loup. (Ce jeu de mot est formidable, sans nous lancer de fleurs.) Alors lui… C’est le meilleur ami par excellence. Je sais pas pour les (anciens) fans mais depuis la Chute de Tara Duncan, je l’imagine toujours avec la tête de Dawson. On l’a évoqué précédemment : il sert à rien. Mais genre, c’est l’archétype du meilleur ami de l’héroïne, l’ami d’enfance qui se retrouve embringué dans une histoire qu’il n’avait pas demandé. Ce brave gars aurait pu vivre une vie peinard de…nobliau désargenté ? (Il s’appelle « De Besois-Giron » et vit dans un petit château paumé), mais non, pour son plus grand malheur, il a grandi avec Tara et là où Tara passe, le crédible trépasse. Fabrice n’a pas de magie. Que dalle. C’est un « Nonsos », un Moldu quoi, un vrai de vrai, comme nous tous. Sauf que. Sauf que : Deus ex machina.

Plus précisément, le père de Fabrice est en fait le gardien d’un des portails menant vers Autremonde et les émanations de magie provenant dudit portail (coucou Stargate) ont touché le petit fœtus tout mignon que notre héros était lorsque sa maman le portait, déjà, comme un fardeau. Bon, c’est de la méchanceté gratuite, mais cette brusque « explication » fait que, boum, en fait haha Fabrice a des pouvoirs, Fabrice va pouvoir suivre sa meilleure amie dans un univers parallèle et lui être fidèle, la protéger, la… Ah ben non. Parce que, comment dire ? Il a des pouvoirs, certes, mais c’est timide. Le gars a juste été exposé à la magie, façon retombées de Tchernobyl, ça ne coule pas dans son sang.

On s’est longtemps demandé si Fabrice ne servait pas juste à la base de pseudo ami friendzoné et de rival pas convaincant pour Robin le Torride/Romantique/Féroce/Doux/Abdos. On sent une nette conflictualité dans le tome 2 lorsqu’il s’agit de Tara, mais ça s’efface plutôt vite. Le secret ? Se rabattre soudainement sur la meilleure amie de sa meilleure amie : Moineau. Oui, vous l’aurez compris, les soupirants rejetés de Tara finissent par se faire les membres de sa famille ou ses meilleures potes.  Après, on nous présente ça comme un coup de foudre éclatant, ce qui laisse sceptique. M’enfin, ne soyons pas complètement suspicieuses.

Notez qu’il a, selon la tradition, de formidables attributs physiques malgré son statut de pôvre mortel. SAM, fidèle à son travers, ne peut s’empêcher de ressasser la blondeur de ses cheveux, la chaleur de ses yeux noirs et ses longs cils semblables à ceux d’une vache. Qu’en disent vos hormones, mesdames et messieurs ? Donc pitié, si vous écrivez, ne nous répétez pas sans cesse à quoi votre perso ressemble, sauf si c’est pertinent en contexte. Ce que fait SAM, c’est de rater des épithètes homériques. Une épithète homérique est un attribut physique/psychologique/affectif d’un personnage ou d’un objet, employé de façon incessante dans l’Illiade et l’Odyssée (puis, dans plein d’autres bouquins) pour qualifier les Dieux, objets, héros, femmes…La plus célèbre est « Athéna aux yeux pairs ». Sauf, que, dans Tara Duncan, l’effet magique tombe à plat, parce que l’épithète nous est rappelée sans cesse. Et surtout, il est relatif à la beauté magistrale du personnage ou à ses abdos. Genre, Rowling cesse de dire que les Weasley sont roux à un moment, Tolkien arrête de préciser que les Hobbits ont de grands pieds poilus. Bref, le Cirque du Soleil aurait sûrement été ravi d’engager Fabrice comme magicien, mais sur Autremonde, c’est un amateur. Sauf que. Sauf que : Deuus ex maachinaa. [à lire sur le même ton qu’Antoine Daniel pour son « C’est normaal en Ruusiiiiiiie!]

Tara Duncan, une caricature d'elle-même 2 Gazette-du-geek (08)Tome 5, après voir vu ses amis lui sauver la mise et exceller chacun dans leur domaine (Cal et le vol, Moineau et son intellect, Robin et les pompes, Tara et tout), Fabrice se fait mordre par un loup-garou du Continent Interdit. Zut. Du coup, il devient enfin un certain atout pour son équipe, tout de poils et de crocs, même on avait déjà sa meuf pour le faire, mais bon. Après, honnêtement, tout ce qu’on a vu de cette capacité qui pouvait être exploitée intelligemment, ce sont des raccourcis du type « il se jeta dans la mêlée et tua des méchants », « sa partie loup lui criait de fricoter avec les louves, au risque de tromper Moineau ». L’étape suivante fut lorsqu’au tome 6, Anaki… euh Fabrice décida de passer à l’ennemi parce que, mon enfaaant, le côté obscuuur de la fooorce, te donneraaa le pouvoooir… Il s’en va sans dire qu’il revient auprès de ses amis le tome d’après, parce que faire le mal, c’est pas gentil et tout le monde peut se tromper. Et on l’excuse, parce qu’il le demande avec ses yeux noirs chaleureux aux longs cils de vache.

Ah et il fait des charades au début de la série. Ouais, chacun son délire, parce qu’elles sont pas hyper drôles en plus. Puis il arrête dans sa phase emo/dark, parce que les charades, c’est trop pas rebelle. Puis à la fin, il reprend, parce que SAM s’est dit que c’était bien de faire régresser un personnage qui, certes, n’avait pas vraiment suivi d’évolution formidable. Oh bah attendez, c’est ptet cohérent tout ça, finalement ? Ce qui demeure chouette dans son histoire, c’est que rien ne saurait nuire au grand amour, au cuir et aux moustaches. #RunningGag

Fafnir
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Robin, Fafnir et Fabrice en mode « brochette de personnages secondaires sur son lit d’inutilité »

Dont le nom de famille est Forgeafeux. En effet, c’est comme le Port-Salut, c’est écrit dessus : Fafnir est une Naine. Bon, que dire ? C’est à la fois très simple et compliqué parce qu’on ne va pas être hypocrite, Fafnir incarne le genre de héros archétypal qu’on aime croiser et côtoyer, parce que ça reste efficace, marrant, divertissant et après tout, on en demande pas plus. Fafnir adore la bagarre, attend d’avoir sa barbe pour pouvoir y faire des tresses et hurle des chants guerriers en agitant des haches. Ajoutons à cela qu’elle est « aussi haute que large », qu’elle ne fait pas dans l’épanchement des sentiments et qu’elle prend tout au premier degré. Un peu comme Léodagan, mais en meuf.

Et… Malgré ses muscles, sa carrure et son caractère de chien, il est bien évidemment fait mention que cela ne nuit pas à la rousseur flamboyante de sa chevelure et à l’éclat de ses yeux verts. Il fut un temps béni où Fafnir avait une barbe…dans les livres. Mais visiblement, Christina Cordula passait par là lors de la création de la série animée et : « Ma chérie, la barbe, c’est pas vraiment chic ». Voilà. Passé ce descriptif… Il n’y a pas grand chose à dire. Fafnir grogne. Fafnir se bat. Fafnir casse les oreilles en chantant. Fafnir cache son affection mais on la sent bien parce qu’un cœur bat sous la cuirasse des grands durs. Fafnir tombe amoureuse. Au fil des tomes, on la cantonne au rôle de bagarreuse parce que…bah c’est une Naine, on vous l’avait dit ? Ah bon ? Zut.

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Fafnir finit par avoir elle aussi un Familier (sorte de compagnon qui vous est lié à la vie à la mort), un…chaton rose démoniaque. Voilà voilà, l’humour duncanien dans toute sa splendeur. Le décalé c’est comme le sucre : ça se dose.

Bon ! Au terme de cette étude que vous avez eu le courage de lire en entier, des pensées très différentes peuvent vous venir :

« Non mais pour qui se prennent ces meufs à juger comme ça ? »

Marion : Alors en effet, Skeeter et moi nous permettons de juger cette saga littéraire sur Internet, le lieu privilégié des débats et des discussions. Nous argumentons, en ayant précisé que c’était là notre point de vue, qu’il demeure totalement subjectif et donc n’a pas vocation à convertir les taraddicts hardcore de Tara Duncan. Nous nous exprimons en tant qu’anciennes fans déçues, meurtries, ça sonne exagéré mais c’est une part de notre adolescence que nous venons de disséquer, de démonter et de critiquer devant vous. On aurait de loin préféré avoir des livres merveilleux, une série qui peut ne pas se prendre au sérieux, sans sombrer dans le cliché, la facilité, l’appauvrissement du style, l’administration de leçons de morale et de sexualité, l’exploitation de la vache à lait lecteur pour plus de sous-sous aux éditeurs etc. On brûle ce qu’on a adoré. Nous avons aimé cette série si fort, on l’a lue avec tellement de nos tripes, qu’au final, notre déception enfle à hauteur de notre affection de jadis. Nous sommes des lecteurs et tout auteur qui publie ses œuvres prend le risque d’un feedback négatif qui ne lui plaira pas, ça fait partie du jeu.

Skeeter : Et puis, Marion et moi-même, nous nous accordons à dire que tout n’est pas à jeter dans cette saga, contrairement à ce que font certains en la stigmatisant. Tara Duncan, on la juge, on la détruit, on la chérit, on la déteste, parce qu’elle représente une partie de notre adolescence, et ce n’est pas rien.

« Elles se prennent pour qui à descendre une auteure ultra connue ? »

Marion : pour une adolescente qui voulait devenir une écrivaine pareille à SAM, quasiment en tous points et qui, poignardée par le parjure de cette auteure et la dégradation de son histoire, s’est jurée d’en prendre bonne note et de ne jamais, ô grand jamais, commettre les erreurs de Tara Duncan. J’ai des tas d’écrits à mon actif, certains auto-publiés sur l’Attelage, dont 3 romans achevés sur une série de 7 prévus, et il y a rarement une session d’écriture sans que je repense à cette série qui m’a façonnée, même si c’est dur à admettre. Et je ne dois absolument pas suivre ses traces. Lire TD aura eu cet effet bénéfique. Et en passant, le succès de librairie ne fait pas un bon livre, ça se saurait et L.Y James serait Prix Nobel de Littérature.

Skeeter : Je suis d’accord avec Marion : se faire descendre ça fait partie du jeu. Contrairement à ce que pensent beaucoup d’entre vous, les auteurs « amateurs » et « professionnels » n’existent pas. Il n’y a que des passionnés, qui prennent leur ordi ou leur plume, et qui couchent leurs pensées et leurs imaginaires sur un écran. Ce n’est pas le statut de la personne (fanfictionneur, écrivain auto-publié, écrivain célèbre) ou le temps qu’on y met, qui fait la qualité d’un écrit. Clairement, signer dans une grande maison d’édition n’a pas été profitable à SAM et à sa série qui en a pâti. Personnellement, j’ai lu des fanfictions qui m’ont plus parlée que des écrits d’auteurs célèbres et reconnus que j’ai étudiés à la fac. Ça a toujours été ainsi, et ça continuera probablement. Je sais que beaucoup de personne ne seront pas d’accord, et qu’elles prétendront qu’on ne peut pas et qu’on ne doit pas toucher aux auteurs reconnus et lus. Je pense, qu’au contraire, c’est notre devoir. C’est ainsi que s’est construit la réflexion artistique au cours des siècles précédents, et qu’elle continuera encore. L’Art se construit sur des désaccords, des conflits, des reprises, des détournements, des passions…ça fait partie du jeu !

« Vous n’avez pas peur des représailles des Taraddicts blessé-e-s par cet article ? »

Skeeter : Il y en aura probablement, mais il ne faut pas prendre notre article contre vous ou contre SAM. On a surtout voulu dénoncer le système dans lequel s’est enlisé la série, et la médiocrité qui en est ressorti.

Marion : Ah, parce qu’il y en a encore ? C’est beau la nostalgie. Non mais le but n’est pas de blesser qui que ce soit, on a rédigé ça avec fun et moult arguments : à vous de faire le tri et de vous forger votre opinion.

Sur ce, longue vie et prospérité !

Skeeter

Skeeter est née le même jour que Chuck Norris, ce qui lui a conféré d'incroyables talents. Après une brillante scolarité au sein de l'école de sorcellerie Poudlard, elle est devenue professeur dans l'école pour jeunes surdoués. Elle prévoit d'épouser son collègue Wolverine.

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