Tara Duncan, une caricature d'elle-même - La Gazette du Geek

Tara Duncan, une caricature d’elle-même

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Au fil des années, la série Tara Duncan est devenue populaire. Pourtant, le succès est à double tranchant. Marion et Skeeter vous expliquent pourquoi dans une série dossier en deux tomes articles. Attention, ça va spoiler sa mère !

Tara Duncan, une caricature d'elle-même Gazette-du-geek (01)Tara Duncan a peut-être, comme ce fut notre cas, bercé votre adolescence. Comme nous, vous craquiez pour Cal ou Robin (#teamCal ? #teamRobin ? Dites-nous dans quel team vous êtes !), vous adoriez Moineau et Fabrice, et vous pouffiez à chaque fois que Fafnir ouvrait la bouche.

Le talent de Sophie Andouin Mamikonian (aka SAM) est incontestable, d’autant plus qu’elle a réussi à faire de son roman sa propre caricature ! Car oui, comme nous, vous avez été particulièrement déçu-e-s par les derniers tomes de la saga… Ou pas, ce qui pourra donner lieu à d’intéressants échanges en commentaires – dans lequel les tronçonneuses, couteaux, fenouils et autres objets contondants et sporadiques seront bannis, merci de votre compréhension – ! Pour les curieux, qui voudraient savourer nos lignes sans aucune connaissance de base en Taraduncanologie, nous vous proposons un petit résumé des tomes.

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Sophie Audouin-Mamikonian, aka SAM

D’abord, revenons sur le contexte dans lequel est née et a grandi cette série. La sortie des opus de Tara Duncan a bénéficié d’un contexte culturel et économique qui a favorisé son engouement et son succès. La saga aurait probablement eu un moindre retentissement, si elle était sortie dix ans plus tôt. Être « geek » et être accroc la SF et/ou la Fantasy avant les années 2000, c’était un peu comme être pestiféré, mais sans la peste. Les « geeks » étaient dépréciés et les jeux de rôles peu connus du grand public. Puis, les années 2000 sont arrivées et Peter Jackson nous a mis une claque cinématographique avec son adaptation du Seigneur des Anneaux, de concert avec Harry Potter, la branlée littéraire du siècle. Tara Duncan est sorti en 2003. Durant cette période, les premières parodies des jeux de rôles sont aussi arrivées sur nos baladeurs MP3. Qui n’a pas écouté Banal fantasy, Le donjon de Naheulbeuk ou encore Reflets d’acide en boucle ? Enfin, Kaamelott a débarqué sur M6. Kaamelott, un des amours de notre vie, à tous. Que ce soit au cinéma, sur internet, dans les librairies ou à la TV, personne ne pouvait passer à côté du phénomène de la fantasy et des sagas à succès.

Cette série de romans évoquait avec originalité les aventures d’une sortcelière. La différence entre les sorciers et les sortceliers est déjà notable par leur nom (dans « sortcelier », il y a un jeu de mots. Devinez lequel). Un sortcelier est littéralement celui qui sait lier les sorts, par les mots. Tandis qu’un sorcier, bin, il fait peanuts sans sa baguette magique.

Maintenant que le contexte a été posé, nous allons traiter ce dossier brûlant en deux parties dans le but de réhabiliter certains livres cultes de la saga tout en témoignant notre mépris pour le reste de ces épopées. Dans la première partie, nous allons évoquer l’histoire de Tara Duncan, dans la seconde, nous vous parlerons des personnages. Oui, nous serons cruelles et satiriques, à peu près aussi énervées que Hulk face à Loki. Peut-être même pires, en fait. Promis, on va bien s’occuper de vous et de nos névroses communes. #mercitontonFreud

TOME 1 à 3 – La Découverte Rafraîchissante

Tara Duncan, une caricature d'elle-même Gazette-du-geek (03)Tome 1 : Dans ce premier tome, nous découvrons Tara, jeune fille de 12 ans, douée de pouvoirs magiques mystérieux. Elle est élevée par sa grand-mère maternelle, Isabella, comme une fille normale. Son père est mort et sa mère portée disparue. La vie sociale de Tara se limite à trois personnes : un jeune homme déjà fortement inutile, riche et friendzoné, mais pas encore conscient de l’être, nommé Fabrice; Betty, une fille sans intérêt et Manitou, son labrador, qui est en fait son arrière grand-père métamorphosé en canidé. Rapidement, ses pouvoirs de sortcelière se révèlent, comme ceux de son meilleur ami. Elle apprend alors qu’elle est l’héritière de l’Empire d’Omois, l’une des plus grandes puissances d’Autremonde (qui se situe donc dans un autre monde, vous l’aurez compris).

Les deux amis partent donc sur cette planète grâce à un portail magique gardé par le père de Fabrice. Ils sont  accueillis et protégés par le royaume du Lancovit, où ils rencontrent tous leurs amis : Robin, Moineau (ou Gloria, princesse du Lancovit), Cal, Fafnir, un vampyr super méchant qui nous a fait penser à Rogue, un dragon bleu qui a pris l’apparence humaine de Dumbledore (Maître Chem), Galant, un pégase qui devient le familier de Tara, ainsi que d’autres personnages (mais vous avez une vie et nous aussi). Sur cette planète, vivent des sortceliers de toutes races (dragons, tatris à deux têtes, démons, elfes) et des créatures fantastiques en tous genres, toutes ou presque accompagnées par leur familier. Les différentes races ne coexistant pas harmonieusement, la politique nous est d’emblée présentée comme instable sur Autremonde. En outre, Tara est la cible des Sangraves (des méchants badass) qui tentent de l’enlever pour la remettre à leur patron masqué, le sortcelier Magister. En tant qu’héritière du puissant Demiderius, Tara est en effet la seule à pouvoir approcher les objets démoniaques qu’il convoite. On apprendra plus tard que Magister détient également sa mère, car il est fou amoureux d’elle.

Tome 2 : Cal est accusé à tort d’un vol (quand on est Voleur Patenté, faut pas s’étonner) au profit d’un mauvais sortcelier qui a réduit en esclavage des gnomes bleus. Une fois le petit malin guéri d’une mortelle infection, il s’agit de l’innocenter dans les Limbes des démons, grâce au Livre Interdit, sur lequel sont inscrites toutes les vérités. Cette intrigue résolue, le groupe d’amis tombe sur le fantôme du père de Tara.

Puis, la naine Fafnir libère malencontreusement le Ravageur d’Âme, ce qui entraîne une alliance temporaire entre Tara et Magister pour le vaincre. Ci-fait, le sortcelier attaque son ennemie de toujours, mais celle-ci l’envoie dans les limbes en espérant l’avoir tué. Ah non… excusez-moi, mon livreur de clichés vient de sonner à la porte, je vais lui ouvrir. Finalement, Magister est toujours vivant. Dans le cliffhanger final, l’impératrice d’Omois, stérile, apprend que Tara est sa nièce et elle veut l’obliger à devenir son Héritière, quitte à déclarer la guerre au royaume du Lancovit qui la protège.

Tara Duncan, une caricature d'elle-même Gazette-du-geek (04)Tome 3 : Tara accepte d’endosser son rôle d’Héritière pour empêcher tout conflit. Magister va lancer une attaque contre l’Empire d’Omois et tenter de la capturer. Cette mission revient à Selenba, une vampyr terriblement flippante dans son rôle de psychopathe sanguinaire. Finalement, c’est l’impératrice Lisbeth qui se fera prendre. Magister se servira d’elle et de sa puissance pour obtenir un sceptre maudit qui ôte tout pouvoir aux sortceliers. Par chance, le Taragang ou Magicgang (surnom du petit groupe d’amis) sera épargné, sauvera l’impératrice et le reste du monde en détruisant le sceptre. Au cours de ce tome, Robin, amoureux de Tara, est enfin prêt à lui déclarer sa flamme. A la fin du tome, alors qu’il s’apprête à le faire, il entre dans la chambre vide de la jeune fille.

Ces tomes sont clairement les deux meilleurs de la série : tout y est. Humour, amour, aventures, magie : on ne voit pas les pages défiler et on ne s’ennuie à aucun moment. L’écriture est fluide et les péripéties s’enchaînent avec cohérence. L’univers est foisonnant de monstres et objets surprenants comme le château vivant du Lancovit, des bestioles mythiques et cools comme les pégases, ou les scoops, sorte de petites caméras magiques. Nous sommes plongées dans un monde haut en couleur dont nous découvrons les coutumes et l’Histoire. Les palais sont grandioses et clinquants. Les intrigues politiques sont prenantes, réalistes et bien développées. Elles tissent une toile de fond qui suit le fil de trahisons, nœuds, tensions et retournements de situation inattendus. Les différentes facettes des personnages nous permettent de facilement de nous identifier à eux et leurs sentiments naissants sont sincères et profonds. Leurs remarques désabusées nous arrachent des fous rires, ou nous font réfléchir. Cerise sur le gâteau : le cliffhanger final nous donne envie d’aller poireauter trois heures devant la fnac pour acheter le tome suivant. A ce moment-là, Tara Duncan nous apparut comme une nouvelle version féminine et délurée d’Harry Potter.

Honnêtement, ce sont des tomes qui nous ont donné envie d’écrire et de devenir écrivain (parce que « écrivaine » c’est un mot super moche). On se sentait proches des ados en papier qui y sont décrits avec leurs qualités et leurs défauts. En plus, on avait l’impression de grandir en même temps qu’eux, parce qu’on avait leur âge à chaque nouveau tome sorti : et ça, c’était magique.

SAM se réclamait de Terry Pratchett et, soit, on peut le lui accorder, y’avait vraiment de ça.

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Les personnages gravitant autour de Tara constituent également un atout considérable, même si l’on peut reprocher à l’auteure leurs postures clichées Fantasy : le lecteur navigue dans les stéréotypes des JDR avec :

  • Tara, le tank charismatique de la bande
  • le demi-elfe Robin, archer, tiraillé entre ses différentes origines (un métisse, mi-elfe, mi-humain)
  • le malicieux Voleur Patenté Cal (petit, vicieux, rusé)
  • la douce Moineau capable de se transformer en Bête (ou la fille intelligente, charmante, timide)
  • le meilleur ami terrien Fabrice (un peu inutile sur les bords, qui vous bassine avec ses charades que personne n’a envie de résoudre parce qu’elles sont nulles)
  • la naine guerrière Fafnir, amatrice de jurons, pour vous servir (ou le personnage le plus badass de ce qui deviendra le Taragang).

En ce temps bénis des trois premiers tomes où les personnages secondaires ne faisaient pas encore office de papier peint kitsch, c’était un régal de s’attacher à eux et de les suivre. Ils sont servis par une écriture sans prétention et rafraîchissante.

TOME 4  et 5 : La montée avant la pente

Tome 4 : Alors que nous pensions tou-te-s que Tara s’était fait capturer par Magister, mais nous sommes rapidement démenti-e-s. En fait, elle est partie à la recherche d’une recette de potion pour ramener son fantôme de père, en laissant un mot à une démone qui a oublié de le transmettre. Passée cette déception, vous retrouvez vos héros au cœur d’une action palpitante. L’intrigue commence lorsqu’un scientifique d’Omois se fait assassiner par un dragon, ayant lancé un sort sur l’héritière. Par la suite, Tara rencontre un beau jeune homme, nommé Jeremy, qui semble aussi puissant qu’elle. En plus de créer un triangle amoureux d’une inutilité consternante (parce que personne ne peut rivaliser avec Robin) SAM a décidé d’enclencher une intrigue autour de Stonehenge où sont envoyés les héros qui finissent par faire tout exploser. Tara y perd ses pouvoirs. Dans ce tome, Tara embrasse pour la première fois Robin, tandis que Moineau et Fabrice se rapprochent l’un de l’autre. Quant à Cal, il tombe amoureux d’Eleanora, une meuf qui s’intéresse à lui comme toi à tes chaussettes sales. De retour à Omois, l’impératrice a vent du flirt entre Tara et Robin, et leur interdit de se revoir. Tara est ensuite exilée sur Terre, rebelote, ça valait vachement la peine d’aller la chercher.

Tara Duncan, une caricature d'elle-même Gazette-du-geek (06)Tome 5 : Betty, l’amie d’enfance terrienne que l’on aurait pu surnommer « Boulotte », comme dans Fantomette, ou « molaire », la petite grosse du fond –parce qu’à part savoir qu’elle est en surpoids, on ne sait pas grand-chose d’elle -, se fait enlever par Magister et perd 15 kilos au passage (Magister, encore plus efficace que Weight Watchers). Je tiens à préciser que nous respectons toutes les personnes en surpoids, mais pas du tout les clichés véhiculés par les personnages comme Betty. SAM, je crois que l’ensemble des ados concerné-e-s auraient dû te détester dès ce tome, à cause de ce personnage qui vomit littéralement sur leur dignité.

Prisonnière du continent interdit sur lequel vivent des loups-garous, Betty peut néanmoins compter sur ses amis. Ces derniers vont trouver le courage de survivre aux charades balancées par Fabrice toutes les trois pages, ainsi qu’ à une psychopathe dictatrice –la reine Rouge-, régissant un système politique digne du troisième Reich (que serait un bon article satirique sans un point Godwin ?). Au passage, Fabrice se fait mordre et devient un loup-garou, ce qui le rend enfin un peu intéressant. Dans ce tome, Robin déploie sa testostérone en veux-tu en voilà. Il ne comprend pas pourquoi Tara ne s’y montre pas sensible et refuse ses avances. Premier bémol de la série : tandis que le comportement de Tara nous apparaît parfaitement normal, celui de Robin verse peu à peu dans la caricature. Après avoir sauvé le monde une nouvelle fois, les amis du Magicgang sont reçus avec les honneurs à Omois, où l’impératrice accepte de reprendre Tara (pour la re-re-renvoyer sur Terre dans un prochain épisode).

Ce que nous retiendrons de ces deux tomes ? L’humour, et les péripéties palpitantes que vivent les personnages. Toutefois les premiers défauts apparaissent : les personnages secondaires caricaturaux se démultiplient (à l’instar de Betty) et les héros sauvent deux fois le monde en quelques pages. Aucun d’eux ne semble vraiment affectés par ces épreuves, contrairement aux héros d’Hunger Games, par exemple. De fait, le récit perd peu à peu en substance et en crédibilité. De plus, le style est davantage oralisé, même s’il conserve sa fluidité. Dans tous les tomes, SAM a pris soin d’arroser copieusement sa narration de notes de bas de pages, et celles-ci commencent à être détournées pour nous expliquer l’univers d’Autremonde, tout en nous faisant sourire. Elles commencent à être nombreuses et parfois, inutiles. Pour conclure, ces tomes amorcent le suivant, où Tara Duncan ne deviendra peu à peu que l’ombre d’elle-même.

TOME 6 : Le début de la fin qui n’y va pas avec le plat de la main morte

Et puis, le tome 6, ou le début de la fin. Dans tous les sens du terme. A partir de ce tome, la série sera publiée chez XO éditions. Deux conséquences fâcheuses : elle baissera en qualité, et les prix augmenteront de façon drastique. Les couvertures prendront des allures de shônen, version moche et acidulée, afin d’attirer l’œil de tous les ados en quête d’aventures insipides à consommer. #ACHETECONSOMME

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Ce livre n’a pas été écrit dans l’unique but de générer de l’argent. Du tout.

Résumer le tome 6 n’est pas si compliqué (ironie et euphémisme, bonjour) : Tara est dénoncée par son frère comme une trafiquante de drogue, mais réussit à s’en sortir grâce à sa magie superpuissante (encore). Ah oui, dans les précédents tomes on a appris que la mère de Tara, jalousement gardée par Magister dans une tour, avait donné naissance à des jumeaux Mara et Jar, élevés par Magister. Non, ce ne sont pas les enfants de Magister mais ceux de son défunt mari, et oui ce sont des personnages inutiles. Elle part dans le pays des vampyrs au nom imprononçable pour tenter de soigner la vampyr Selenba, sur les supplications du vampyr qui ressemble à Rogue. Comme Rogue, il est obsédé par une femme sublime et forte (#strongandindependantwoman) qui ne l’aimera jamais. Après sa guérison,  Selenba, sous l’emprise de Magister, s’enfuit dans le but de le retrouver. Tara retourne alors à Omois afin que Cal, exilé à cause de ces manigances de voleur, puisse rendre visite à la Voleuse Eleanora. Comme lui, elle a été arrêtée et emprisonnée. Cal et Tara finissent par la retrouver, dans sa cellule, morte. Elle a en fait été poignardée par Tyran’hic, pote de Magister et ministre d’Omois, lequel finira buté par Mara, la sœur de Tara.

Quant à son frère qui l’a dénoncée, Jar, il gagne un billet gratuit pour séjourner sur Terre avec Isabella, leur grand-mère. Le Taragang est ensuite convié sur la planète des Dragons, dont le nom est aussi épouvantable à prononcer, pour le couronnement du la reine Charm. Entre temps, Moineau et Fabrice rompent car ce dernier, torturé par son complexe d’infériorité, bascule du côté obscur en lisant des ouvrages de magie noire.  Deux attentats explosent contre Tara (pourquoi ?), et le familier de Fabrice y laisse sa vie. Tara est enfermée et torturée par des Dragons, avant de s’enfuir grâce à Tordu (c’est son prénom) qui est en fait Magister.

Le méchant sortcelier essaie de la faire passer du côté obscur, mais Tara refuse. Fabrice accepte. On vous l’avait bien dit qu’il était inutile, hein ? Puis, Tara apprend que la potion qu’elle préparait a fait revenir les fantômes sur Autremonde.

Alors… On vous en fait une version simplifiée et dans ce tome, comme vous le constatez, les péripéties sont au rendez-vous, et en même temps, il ne se passe rien. En fait, les émotions et les sentiments des personnages sont tellement survolés que la trahison de Fabrice et la mort d’Eléanora arrivent comme un cheveu dans la potion magique. Ni l’une ni l’autre ne nous ont affectées plus que ça : et pour cause, elles n’affectent pas non plus les personnages. Cal est triste quelques temps mais revient rapidement tout pimpant, comme s’il n’avait attrapé qu’une mauvaise grippe. Outre les nombreuses incohérences scénaristiques, nous déplorons aussi la dégradation progressive de l’univers de Tara, à l’instar des noms de pays imprononçables. Nous avons eu l’impression que le tome et l’idée de base furent revisités par un tractopelle. Comme si SAM n’avait pas développé son intrigue en profondeur, au profit d’actions superficielles s’enchaînant les unes les autres sans réel fil conducteur. Comme si l’éditeur, qui avait relu, avait débarqué avec son gros engin et avait annihilé l’essence de Tara Duncan, en enterrant au passage toute la magie qui nous avait éblouies avant.

Ce tome pose aussi les premiers échecs de l’auteur, dont sa tentative d’éducation sexuelle à destination des ados. Alors SAM, comment te dire ? A l’adolescence, notre vie sexuelle n’était ni au premier, ni au dernier plan de nos vies, et les discours moralisateurs volontairement infantilisants, n’avaient ABSOLUMENT aucun impact. Même le fil narratif d’American Pie nous a paru plus crédible et réaliste que le discours de cette fiction qui explique aux jeunes qu’il leur faut rester vierges. Voilà. Pour l’épanouissement affectif et la découverte de la sexualité, on repassera.

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Cette traduction-là non plus. En japonais en plus.

SAM, à un moment donné, on a cru que t’étais féministe et que tu n’allais pas nous ramoner avec des sermons tout droit sortis de l’esprit étriquée de notre bonne vieille société patriarcale. Mais si, tu l’as fait. Pire que ça, t’es tombée dans des clichés immondes avec Tara et Robin. Tara est la fille qui se préserve pour son seul amour, et Robin le mec qui ne pense qu’à ça, comme s’il n’avait aucun sentiment. Le pire est de l’avoir justifié par le métissage de Robin. SAM, si tu veux expliquer à quel point il est important de se réserver pour la personne que l’on aime, tu pouvais le faire autrement, sans porter dans tes mots le poids des conneries de notre époque qui asphyxient plus les femmes qu’elles ne les libèrent. Concernant les hommes, cette image « de chaud lapin » est une insulte à leur sensibilité et à leur dignité.

Côté cœur, on peut aussi évoquer Moineau et Fabrice, dont la relation pourrait inspirer le prochain Fifty Shade of Grey (#fouettemoi), car sous l’emprise de la force de Magister, Fabrice fouette Moineau qui accepte de subir ce supplice parce qu’elle l’aime encore.

Merci de vomir aux toilettes.

Encore, si ce n’était que ça.

La vampyr Selemba, méchante badass dont l’histoire personnelle est plus que palpitante, est réduite à une loque pleine de remords. Magister est pitoyable. Les méchants deviennent peu à peu des caricatures d’eux-mêmes et perdent en crédibilité. Les héros sont des héros parce qu’ils font face à des méchants badass. Que serait Batman sans le Jocker, Harry Potter sans Voldemort, Dora sans Sheeper ?

L’écriture, dans ce tome, a particulièrement baissé en qualité. Avant, SAM nous citait Baudelaire et faisait de longues phrases avec du subjonctif et des belles propositions subordonnées (*NDLR de Skeeter : pardonnez la prof de français qui sommeille en moi).

Dès ce tome, on commence à être sérieusement paumées avec les noms des personnages, des pays, des bestioles. En tant que lectrices, nous nous sommes dit que ce n’était qu’une mauvaise passe. Si seulement.

Tome 7 : Le côté obscur du marketing prend le contrôle total de Tara Duncan

Dans ce tome, on apprend que Tara et Cal ont fabriqué chacun de leur côté une potion pour faire revenir le père de Tara et Eleanora. A leur place, l’ensemble des fantômes débarquent, tuent Robin, possèdent nombre d’Autremondiens humains, et… Tara tombe en dépression. Une longue dépression. Tellement longue qu’on a fini par sauter des pages. Cal s’en occupe gentiment : il lui donne des bains, lui fait à manger et il la berce le soir avant dodo.

Finalement, la résistance des non-humains et des humains qui n’ont pas envie de se faire posséder s’organise. Tara tente de réparer ses bêtises en activant une machine qui est censée la faire mourir. Un nouveau soupirant, Sylver, apparaît et rivalise avec le disparu Robin dans une surenchère de beauté physique et morale, tandis que Cal est relayé au second plan, comme un bon toutou. Tara finit par renvoyer les fantômes chez eux, grâce à une machine aux allures de Deus ex-machina. Et tous les possédés retrouvent leurs corps, parce que SAM ne pouvait pas faire mourir Robin. Comme punition : Tara est exilée sur Terre, où elle se la jouera parodie de Buffy contre les Vampires dans le tome suivant.

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Là, on touche le fond.

Vous savez quoi ? A aucun moment on a accroché à ce tome, à cette dépression factice-simulée. On a eu l’impression de se taper la mauvaise mort de Marion Cotillard en boucle sur des centaines de pages. On n’a pas réussi à s’identifier à la dépression de Tara, à s’imaginer que Robin était vraiment mort. On aurait pu, si, à la fin du tome, Robin n’était pas revenu. Si cela avait été le cas, on aurait pu ressentir de la tristesse et de la peur pour les personnages, parce qu’ils auraient été en danger. Pour de vrai.

Dans Game of Thrones, on a peur pour les personnages. Pas dans Tara Duncan, car personne ne meurt. Il n’y a presque plus de conséquences aux actes des personnages : Tara crée un portail qui entraîne la mort de milliers de personnes : elle est juste bannie. Puis, elle revient tranquillou au pouvoir après deux tomes. Normal. Remarquez, peut-être que SAM s’est inspirée de la vie politique française actuelle.

En outre, les premiers massacres des références cinématographiques et littéraires sont enclenchés dans ce tome. Et ne cesseront de poursuivre. Les références sont utilisées comme de banals clichés, mal traitées et maltraitées.

Par exemple, l’histoire de Sylver est terriblement clichée. Ah oui, j’avais oublié de vous parler de Sylver. Sylver est un jeune homme élevé par des nains, et il est mi-dragon, mi-humain. Bien évidemment, il est splendide, musclé, et fera craquer votre culotte/slip. Histoire de rajouter un peu plus de kitsch, SAM est a fait le fils caché de Magister. Vous sentez cette odeur soudaine ? Mais, attendez… Oui, ça pue du cul ! Dans une série TV, lorsque l’on découvre le fils caché d’un personnage, ça pue, mais sévère. Cela signifie que les scénaristes n’ont plus aucune imagination et qu’ils vont vous produire des épisodes tout moisis. Oui, le fils caché est l’indice qui vous permet de repérer à quel moment votre saga passe du côté obscur, définitivement.

Bien évidemment, il tombe amoureux de Tara, avant de succomber aux charmes de Fafnir (parce qu’entre copines, on se refile nos restes, c’est bien connu #lesvraissavent). Bien évidemment, SAM nous fait comprendre que Sylver et Fafnir sont faits l’un pour l’autre. Leur relation devient tellement insipide à la fin du tome que même les pires réalisateurs de Disney n’auraient osé la développer avec autant de naïveté.

Surtout, l’héroïne apparaît comme ce qu’elle deviendra dans les derniers tomes : une Mary-Sue. Mary-Sue est l’héroïne surpuissante à qui la terre entière en veut, mais qui reste forte et résiste à tout. Bref, elle a tout pour vaincre et sauver le monde. Elle fait du kung-fu mieux que Jet-Li et sait préparer des pancakes à faire pleurer la culotte de Bree Van Der Kamp. En tant que lecteur, vous ne pouvez désormais plus vous identifier à elle. Sans cette identification primordiale, le lien affectif qui vous liait est définitivement rompu.

On se demande, avec le recul, si ce n’est pas l’éditeur qui a lui-même commandité cette fin. Nos imaginations fertiles ont imaginé un trentenaire fringuant, qui débarque dans son bureau, et qui somme à l’auteure de « changer la fin de ce bouquin, parce que c’est trop sombre ! Personne ne va accrocher ! Et puis, il faut penser à la série animée qui débarque en septembre ! SAM, faut pas faire mourir les persos principaux ! » En effet, le tome 6 est sorti en même temps que le dérivé marketing, pardon, que la série animée. Un truc immonde qui vomit littéralement sur l’ensemble des livres, mais qui a au moins le mérite de nous montrer à quel point Fabrice est d’une inutilité consternante.

A partir de ce tome-là, tous les autres livres s’enchaîneraient sur les mêmes mécanismes scénaristiques, un peu comme les mauvais Tim Burton des années 2000.

TOME 8 à 12 : Tara, caricature d’elle-même.

Pour résumer, Tara et ses amis deviennent les héros d’une mauvaise fanfiction où Tara est Mary-sueisée au possible. Elle Mary-sueise aussi ses amis, pendant qu’on y est : Cal grandit. Robin perd son côté métissé au profit de son côté elfe. Il devient un chaud lapin, quand il n’est pas rabaissé au rang pur et simple de paillasson affectif sur lesquels s’essuient les pieds de l’amour naissant entre Tara et Cal. Oui, parce que Robin et Tara ont rompu et que Cal et Tara se mettent ensemble, Cal ayant été frappé par Cupidon dans l’un de ses tomes sans que nous sachions quand, ni pourquoi. Vous arrivez plus à suivre ? A vrai dire, nous non plus.

Concernant les deux bêtes, Moineau est davantage effacée et Fabrice toujours aussi inexistant. Comme ils ont  rompu, Moineau se tape un petit bourgeois qui la demande en mariage, avant de se rétracter en songeant que sa malédiction est héréditaire. Du coup, Fabrice et elle se remettent ensemble et finissent enfin par baiser. Et à ce moment-là, ils sont probablement les seuls à avoir une vie sexuelle épanouie, parce que celle de Robin ne compte pas vraiment.

Tara Duncan, une caricature d'elle-même Gazette-du-geek (10)
Pourquoi les illustrateurs dessinent-ils des licornes sur toutes les couvertures des produits dérivés ?

En gros, à chaque tome, vous retrouvez les défauts du 6 et du 7 réunis, déformés et amplifiés. Le Taragang sauve le monde avant qu’une catastrophe ne nous soit annoncée à la fin (la Terre va se faire attaquer par des démons, le monde va exploser, Tara doit aller chez le coiffeur refaire ses mèches blondes…). Bref. Des personnages ressuscitent, on ne comprend pas trop comment, ni pourquoi. Les conflits politiques se multiplient, comme les personnages de seconde zone inutiles dont on oublie rapidement le nom. Les créatures magiques invraisemblables pullulent à tel point que l’on se demande parfois si Sacha, Ondine et Pierre ne vont pas surgir au détour d’une forêt. Peut-être que vous pourriez en attraper vous aussi. #pokemongo

L’ensemble des personnages perdent de leur substance, s’effacent au profit de Tara. Tout le monde sort avec tout le monde.

L’écriture en prend un sacré coup : le style est oralisé, plus « jeune », mais si, tu sais, il s’agit de la langue que ton oncle de soixante ans essaie de parler lorsqu’il t’évoque « face-de-bouc » et les « s’ms ». D’ailleurs, même Tara et Cal s’envoient des sms avec des fautes d’orthographe. Ah ! Plaisir ! Bonheur. Tara Duncan, le livre où l’héroïne ne couche pas avant sa majorité (pour finalement devenir mère à vingt piges), et massacre la langue française.

Tout ça, sans compter la déclinaison plus que ratée des spin-off marketing : BD qui ont pour héros Cal, Tara et Moineau (parce qu’en fait, les autres personnages, OSEF), une comédie musicale à venir (enfin, nous n’espérons pas).

On ne reconnaît tellement plus la série qui nous a fait rêver, qu’on en vient à la déconsidérer.

SAM, pourquoi ? Pourquoi avoir étendu de façon inutile l’intrigue de Tara Duncan, et avoir accepté de te faire relire par un éditeur tractopelle ? Pour information, Tara Duncan ne devait pas dépasser la dizaine de tomes. En comptant la nouvelle série Tara et Cal, qui se poursuit toujours, nous en sommes actuellement à 14. SAM. Sérieusement. Comment tu as pu vendre ton bébé à des tyrans pareils, nous pensions pourtant que tu étais contre l’esclavagisme !

Le ressenti des lecteurs, après ces tomes, oscille entre le dégoût, la tristesse et la colère. On en vient à ne pas comprendre les choix esthétiques et scénaristiques, détester un univers que l’on a adoré, et laisser en plan des pages qu’auparavant on aurait dévorées. Le revirement marketing a achevé d’enterrer une série qui avait déjà un pied dans la tombe.

Maintenant que nous avons analysé l’histoire, nous allons évoquer avec vous le traitement des personnages. On a préféré en rire qu’en pleurer. Après tout, le rire est l’expression du désespoir.

Longue vie et prospérité,

Skeeter et Marion

Skeeter

Skeeter est née le même jour que Chuck Norris, ce qui lui a conféré d'incroyables talents. Après une brillante scolarité au sein de l'école de sorcellerie Poudlard, elle est devenue professeur dans l'école pour jeunes surdoués. Elle prévoit d'épouser son collègue Wolverine.

7 pensées sur “Tara Duncan, une caricature d’elle-même

  • Ping : Pourquoi je n’aime pas Tara Duncan |

  • 24 janvier 2017 à 17 h 40 min
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    Bonjour, autant vous le dire tout de suite je suis encore une tarraddict et je respectes le fait que vous n’aimiez plus Tara Duncan et que vous vous sentiez laisé par l’écriture de SAM, mais moi c’est plutôt le contraire qui s’est produit. J’ai commencé à lire ces livres vers l’âge de 7 ans. À cette époque, j’avais commencé à lire les Harry Potter (mon premier roman), mais au bout de quelques tomes ( je lis très vite habituellement) j’étais résolument tannée, de un parce que je ne réussissais pas à m’attacher aux personnages, je trouvais qu’à part l’intrigue de base Harry, Ron et Hermione ne faisait pas grand chose, qu’Harry doutait trop de lui-même et cela m’énervait, que les personnages n’avaient pas leur personalité propre et que le livre était trop sombre (bizarement les Harry Potter reste encore le seul livre à m’avoir donner cette impression, j’ai lu par la suite des livres avec des viols, des meurtres et des guerres, mais je trouve que même si ces livres sont déprimants, ils ne sont pas aussi sombre que les Harry Potter, mais là encore c’est mon opinion). Bref, je n’écrit pas pour faire une critique d’Harry Potter ( que j’ai réussis à lire jusqu’au bout, ouf!), mais bien pour expliquer comment j’en suis venu à lire les Tara Duncan. Donc, à cause de ma déception et mon découragement vis-à-vis Harry Potter, je cherchais un livre lumineux et coloré, très léger et je suis tombé sur Tara Duncan. Au début, j’ai été ravis, car il remplissait très bien son mandat et j’étais impressionné par l’imagination de l’auteur qui réussissait à créer un univers aussi développé ( cette impression a duré les trois premiers chapitres), mais j’ai eu de la difficulté à finir le premier tome, car j’aimais cela, mais je trouvais cela bien trop « rose bonbon ». Puis, jusqu’au tome 6, j’achetais les tomes distraitement ( pas à tous les ans et quand on me les offrait en cadeau). Je trouvais que c’était routinier, mes personnages préféré était Cal ( que je trouves encore très drôle!) et Moineau, mais je ne m’attachais à aucun en particulier. Je voulais que Robin déclare ses sentiments à Tara, mais il m’a déçu à de nombreuses reprises de un par son caractère colérique, doublé d’une mauvaise confiance en lui, sans compter que quand l’Impératrice l’a surpris avec Tara, il aurait dû se battre pour elle, au lieu de simplement courbé l’échine. Je trouvais Tara très clichée dans son rôle de fille rebelle et pratiquement séquestré par l’Impératrice, qui ne rêves que voler au-dessus des nuages avec son pégase, qui aimes le rose bonbon, les licornes et les fées, etc. Bref, on aurait pu se passer des premiers tomes. Malgré tout, je considérais Tara en espérant être comme elle à 11 ans, c’est-à-dire en ayant des pouvoirs magiques et il y a eu certains bons points dans les premiers tomes comme Eleonera ( qui a contribué à l’intrigue en toile d’araignée complexe qui fait la force des Tara Duncan), que j’ai trouvé très profonde. En effet, elle était un être blessé et durcit par la vie et la mort de son cousin, soumis toute entière aux intrigances de la cour et au monde des voleurs patenté du fait de sa trop grande sensibilité. Une personne très vulnérable, mais qui malgré tout et pour cette raison ne se montre pas en tant que victime, mais comme une personne glaciale et dur, mais dont la fille sensible et blessée qu’elle est dans le fond séduisent complètement Cal, pour lequel elle ressent des émotions et hésite à lui tirer dessus, car elle ne sait plus ou est le bien et ou est le mal, elle est déboussolé et troublé par ce jeune homme candide et drôle, qui ne semble pas la craindre ou lui vouloir le moindre mal et qui lui avoue avec force son amour pour elle, alors que tous la pousse à le voir comme un ennemis, selon son entraînement. Je l’avoue j’ai pleuré à la mort d’Eleonera et je sais que malgré ce que vous écrivez Cal a été profondément traumatisé et triste par la mort d’Eleonera, car avec elle c’était tout son univers qui s’effondrait, car il la vénérait, mais Cal n’a pas le droit de montrer sa peine, car Tara est là et bien qu’elle ne soit pas toucher par la mort d’Eleonera ( elle en était peut-être jalouse en secret et cela expliquerait pourquoi elle la traitait avec les autres membres du magicgang de folle et qu’elle essayait de dissuader Cal de sortir avec elle, malgré qu’elle se demandait « Est-ce que c’est normal de ne pas être heureuse pour son meilleur ami, alors qu’il est amoureux fou d’une autre fille? »), elle a besoin de Cal, car malgré les années passé sur Autremonde, Tara ne se sent toujours pas chez elle, elle ne comprend pas ce monde bizarre et dangereux, qui l’élève soudain sur un podium. Du jour au lendemain la petite fille presque orpheline qui n’avait que peu d’amis sur Terre et qu’on évitait parce qu’on la trouvait bizare, devient la descendante d’un des plus importants mages de tous les temps, poursuivis par les caméras, l’héritière d’un des empire les plus riches de la planète et dôté du pouvoir le plus formidable de tous les temps et alors tous le monde s’attend à ce qu’elle soit à la hauteur, qu’elle réussisse tout, qu’elle défende tous le monde, qu’elle soit digne, fière, glaciale, etc. la pauvre Tara se retrouve avec pratiquement l’empire sous les bras et le monde à sauver plusieurs fois ( à cause d’elle, car après tout elle reste une adolescente maladroite et immature et aussi parce que de toute façon les peuples d’Autremonde passe leur temps à vivre des guerres et des cataclysmes incroyables et comme le dit si bien Tara « Je pourrais abandonner Autremonde à son sort. Après tout, ils ont connu bien pire et cela bien avant ma naissance. ») Avec le temps, tous le monde a oublié l’humanité de Tara et ne l’a voit plus que comme une déesse presque parfaite ( ce que Tara déteste soi-dit en passant) ou comme une arme qui résout tous les problèmes, même ses plus chers amis et sa famille. Tous le monde, sauf Cal, Cal qui lui a expliqué ce qu’impliquait le pacte de sang qu’elle avait passé avec Robin, ce qu’était les familiers, qui lui a annoncé le coup par en dessous de l’impératrice, lorsque celle-ci a décidé de la marié sans son accord ( preuve que dans les derniers tomes Tara n’est plus qu’une marchandise à vendre au plus offrant et qu’on balance dans l’espace quand il faut détruire quelque chose, sans se soucier si oui ou non elle sera blessé et en passant quand il y a danger de mort vraiment grave et qu’on peut éviter de se battre aucun des amis de Tara ne se prononce pour aller la sauver, Cal est obligé d’y aller tout seul avec un scooter volant et en bravant l’interdiction du capitaine du vaisseau- c’est beau l’amitié!) tout ce qu’elle devait savoir pour survivre sur Autremonde (il lui a même appris à se battre et l’entraînait en même temps que Sandor, raison pour laquel Cal est le seul à pouvoir lui faire mordre la poussière lors de combats amicals). Bref, Cal est aussi le seul à voir Tara comme elle est vraiment une jeune fille sensible et humaine qui ne veut pas qu’on la vouvoie ou qu’on la prenne trop au sérieux qui fait de grosses gaffes, qui est impulsive, rebelle, colérique et profondément incorrect et dont personne ne s’en rend compte. Et c’est pour toutes ces raisons que Cal à la mort d’Eleonera ne pouvait se laisser aller complètement au désespoir, car Tara avait besoin de lui, de quelqu’un qui la comprenait, qui ne cherchait pas à l’utiliser ou à la mutiler et qui l’aidait à s’en sortir sur Autremonde. Puis, Tara est tombé en dépression parce que Robin qu’elle aimait comme on aime pour la première fois était mort et qu’avec ce qu’elle avait enduré ces dernières années ( c’est plus que ce que peut supporter un être humain à mon avis, plus les bouleversements émotifs qu’elle vit avec sa mère, son père mort, ses responsabilités démesurées et la découverte d’un frère et d’une soeur avec les mêmes défauts qu’elle et en pire, qu’elle doit gérer, alors qu’elle croyait depuis son enfance être fille unique, plus les trahisons de Fabrice, qu’elle considérait comme son frère). Bref, Tara s’est effondrée et c’est compréhensible, mais elle a survécut, car elle s’est attaché à Cal comme à une bouée pour l’empêcher de se noyer. Cal aussi, car s’occuper deTara était la seule façon pour lui de ne pas sombrer ( il se sont rejoints dans leur douleur). La raison pour laquelle lors de l’invasion fantôme Cal a été laissé en arrière, c’est que malgré tout il gardait une certaine indépendance vis-à-vis Tara, car il n’était pas près à revenir en couple après son expérience avec Eleonera. Tara de son côté a pris pitié de Sylver, car à part sa beauté, il n’avait rien pour lui, il parlait de façon grotesque, n’avait pas confiance en lui ( il devait rappeler à Tara, Robin) et se transformait en monstre sanguinaire la nuit, de plus, il avait de la misère à se maitriser ( difficulté à marcher, etc.) Tara lui a donc fait un cadeau en l’embrassant pour lui montrer qu’une fille peut l’aimer en sachant tous ses défauts. Robin (qui en faîtes était vivant) n’a pas aimé cela et c’est tout à fait compréhensible. Par la suite, il y a la question de la virginité de Tara, Eh bien, peut-être que Tara même dans ses plus beaux moments d’amour avec Robin, doutait de son amour pour Robin et aussi parce qu’elle état trop jeune pour vouloir tenté cette expérience. Cal de son côté après avoir vécu son premier baiser avec Fafnir ( selon lui, ce n’était pas si désagréable ; « c’était doux et cela goutait le miel »), selon le plan que Tara avait concocté pour les sortir du Continent interdit. Il a commencé à fréquenté pleins de filles, parce qu’il était jeune et qu’il devait quand même explorer sa sexualité, mais malgré tout il ne tombait jamais amoureux, car il s’était jurer de ne plus souffrir comme il avait souffert avec Eleonera ( même si au niveau des conquêtes amoureuses on peut dire qu’il y a plus de filles qui sont tombées amoureuses de lui et qui ont eu le coeur brisée par sa faute que de garçons avec Tara-car Tara n’est sortis qu’avec un seul gars et trois autres sont tombés dans ses bras, elle n’en a pas eu des centaines comme Cal), mais il revenait toujours vers Tara, car elle était un sorte de point d’ancrage, en plus qu’elle avait besoin de lui, elle pouvait lui parler sans tomber raide dingue amoureuse de lui. C’est comme cela, que petit à petit Tara et Cal sont tombés en amour. De plus, il se ressemblait sur plusieurs point, notamment l’humour déjanté ( Tara par contre elle ne le dit pas et son humour l’abandonne dans les situations périlleuses, car elle a trop peur d’être rejetée encore une fois- comme par exemple son affaire de vache reproductrice et qu’elle faisait le bruit d’une vache), le côté provocant, le goût du risque, l’esprit de rébellion contre les règles et toute la candeur ( même si Cal comprend mieux et analyse mieux les gens et le monde qui l’entoure), c’est toutes des caractéristiques qu’ils partagent en commun. De plus, Cal ayant eu plusieurs aventures de passage et étant habitué à voler avec précision, il connait très bien le corps féminin et est très habile avec ses mains, ce que Tara apprécit grandement ( mettons les choses aux claires, j’ai vu une rumeur circuler sur le blog comme quoi Tara avait été violé par Cal et c’est faux si on relit ses pages, on notera qu’elle abandonnait toute résistance, qu’elle était enivrée par les caresses et qu’elle aussi commençait à déshabiller Cal, mais moins vite, car elle avait moins d’expérience). Maintenant, que j’ai en gros démystifier la relation Tara-Cal et que j’ai expliquer que Tara n’est pas si parfaite et Mary Sue qu’on le penses, quand est-il des autres personnages. J’avoue que les autres personnages sont peu développés, sauf Fabrice, Moineau, Tara, Cal et Robin ( le magicgang de départ) et aussi que le retour d’Eleonera en fantôme m’a beaucoup déçu, car elle devient superficiel, rose bonbon et victime de la mode et amoureuse folle de Cal et le considérant comme sa propriété (alors qu’elle ne lui avait encore jamais avoué ses sentiments réels avant de mourir), ce qui lui enlève toute sa profondeur et son petit côté cynique que j’aimais tellement. Oui, je suis déçu que Cal soit devenu musclé ( plus grand non, car il faut grandir un jour ou l’autre, mais je l’aurai préféré grand et mince avec tous les muscles en souplesse et en sous couche comme au début). Après cela, les personnages sont tous beaux, oui et puis après je me serai moins bien identifié à un laideron, qu’à quelqu’un beau comme un dieu. Après l’intrigue est toujours aussi divertissante à mon avis avec des combats épiques ( sauf des petites ratées comme Sanhexia-juste son nom me fait crisper- qui décide d’enlever les paons d’Omois) et de grands méchants sournois ( le fait que Magister soit devenu ridicule n’est pas grave pour moi, car il ne m’a jamais fait passé ne serait-ce qu’un frisson dans le dos et je me fichais pas mal de son identité, je préfères l’intrigue autour du meurtre d’Eleonera). Après, les fautes d’orthographe de SAM, j’ai vu bien pire et même chose pour la sexualité, c’est beaucoup moins exagéré que dans certains livres pour adultes, où il y a des scènes de sexe pratiquement à tous les chapitres et pour qui les sensibilités ont été touchées parce que c’est des personnages d’enfance, vieillissez un peu, c’est pas parce que c’est des personnages d’enfances qu’ils vont nécessairement resté chaste et pure comme des moines, toute leurs vies, il faut quand même qu’on soit réaliste nom de Dieu. Ceux qui ont vu l’affaire du fouet avec Moineau comme une pratique sado-masochiste ont l’esprit au contraire bien mal tourné, notamment il faut tenir compte du fait que ni Fabrice, ni Moineau ne ressentent de plaisir à cette expérience très douloureuse et que cela va les éloigner au contraire. Puis, plus tard, dans leur sexualité ils se transformetn en bête, mais c’est correct c’est juste leur pulsion animale qui se réveille et à ma connaissance, ils n’ont pas sortis le fouet ou d’autres instruments durant qu’ils faisaient l’amour ( par contre je confirmes que Selemba est sadomasochiste d’après ce qu’elle a dans ses poches dans le tome dan et celia). Bref, je penses que j’ai tout dit. Bien à vous.

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    • 24 janvier 2017 à 18 h 27 min
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      Hello, merci d’avoir pris le temps de répondre à notre article très dense avec un commentaire… qui l’est tout autant. Tu rapportes avec passion ton expérience avec la série et ce que tu as trouvé logique dans le comportement de chacun est bien évidemment aussi personnel qu’irréfutable : c’est ce que tu as éprouvé, or l’affect ne connaît pas de vérité. Nous avons lu la même série mais ressenti différentes choses durant le processus. Ce que tu trouves logique, nous l’avons trouvé bancal et ça a motivé la rédaction de ce dossier qui se veut surtout humoristique !

      SAM a eu un public jusqu’à la fin – et c’est tant mieux pour elle ! –, tu en fais partie, et si la série te laisse d’aussi bons souvenirs, c’est l’essentiel ! Comme le dit l’adage : tous les goûts sont dans la nature 😉

      Bien à toi.

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    • 15 février 2017 à 21 h 53 min
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      Bonjour 🙂

      Oui j’ai pu regarder le blog plus en détails et j’ai vraiment apprécié ce qu’en disait l’auteur. L’article tape dans le juste ! Merci pour ce partage !
      Bonne journée,

      Skeeter

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    • 21 février 2017 à 10 h 37 min
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      Bonjour Bludzëe, nous te remercions beaucoup pour ce partage 😉 Nous apprécions beaucoup que les auteurs aient cité l’article dans leur vidéo. A bientôt !

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