Shadowhunters, la salsa du démon ne prend pas - La Gazette du Geek

Shadowhunters, la salsa du démon ne prend pas

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La nouvelle tentative d’adaptation à l’écran des romans The Mortal Instruments arrive sur Netflix… et fait un bide. Dialogues plats, acteurs médiocres, intrigue spoilée. Vous allez être déçus.

Buffy unloaded

A-t-on jamais fait mieux que Buffy ? Entre Charmed, True Blood, Witch of east end, The Originals, The Magicians, ou Shannara Chronicles, on ne sort plus des histoires d’adulescents tiraillés entre leur devoir de sauver le monde et leur envie de s’éclater. Dans le même temps, faut se l’avouer, les sorciers, les dialogues « cul-cul la praline », les vampires ténébreux, les love-stories impossibles, les démones en combi 100% vinyle, les combats à l’épée, et tutti quanti, on en redemande.

Le pitch de Shadowhunters ne déroge pas à la règle du genre. Katherine McNamara, surnommée Clary, une artiste new-yorkaise de 18 ans, apprend qu’elle et sa mère sont des Shadowhunters : une armée mystique, censée protéger l’humanité des démons. Pour sauver sa mère, enlevée par le vilain Valentin, Clary embrasse son destin de tueuse de démons.

Tous les ingrédients d’un bon creepy soap adolescent sont dans la marmite. Mais la sauce ne prend pas. Cette « Clary contre les démons », c’est du Buffy décapé au Disney Javel. C’est Anna, de la Reine des Neiges… mais en robe en cuir et Louboutins. Ça colle pas.

Soupe opéra       

Décidément, la caméra ne réussit pas aux romans de Cassie Clare ! Il ne suffisait pas aux studios d’étriper les « Mortal Instruments » au cinéma, dans le nanar issu du livre la Cité des Ténèbres. Hollywood déterre la série littéraire et la re-tue, en direct, on TV. Faut-il en vouloir à l’auteure, Cassandra Clare (aka Judith Rumlet) ?

Pas le moins du monde. Ses livres ont captivé des milliers de lecteurs… qui se sentent aujourd’hui trahis par le scénar des Shadowhunters. Aors que les dialogues de Cassie sont reconnus par les fans pour leur finesse, ceux de la série sont tout juste dignes du dessin-animé Barbie & Ken font du camping. Les personnages sont caricaturaux et/ou niais – mention spéciale à Simon, le nerd-à-lunettes-mais-bodybuildé.

Shadowhunters, notre avis
Et Clary, dans son ensemble cuir chiné au bois de Boulogne, défile vers son destin, comme sur un podium de la fashion-week.

Aussi, au lieu de planter le décor dès le début, le pilote emboîte les flashbacks dans les flashbacks. Baroque. Puis, incapable d’exprimer subtilement la tension sexuelle qui règne dans le groupe, les relations entre ces adulescents sont bourrées de clichés. Bref, tout le monde flirte avec tout le monde, sans vraiment savoir pourquoi. Enfin, et c’est le pire, 99% de l’intrigue est auto-spoilée en quatre épisodes. Bon, au moins, ça permet de se coucher tôt !

Inutile d’en dire plus, The Shadowhunters tombe dans tous les pièges de l’adaptation d’un roman à l’écran. Le script est plat, taillé au tableur Excel pour titiller les hormones des pré-ados. Les personnages cochent toutes les cases du « modèle positif », histoire d’obtenir le OK des parents. On découvrirait que c’est écrit par une I.A nourrie aux algorithmes, ça ne m’étonnerait pas plus que ça. Mais pouvait-on s’attendre à mieux de la part du scénariste Ed Decter, prolifique auteur de navets aussi puissants que « Super Noël 3 », « Basket Academy », « Lizzie McGuire » et surtout, « The New Guy ». Ça ne vous dit rien ? Normal.

Pique les yeux, n’évite pas les nœuds

Soyons francs, contrairement aux cheap style des séries « made in Netflix », The Shadowhunters, produit par Freeform, profite d’une image léchée. On se croit parfois dans le clip de Bad Blood par Taylor Swift. Merci à McG, réalisateur des excellents Charlie’s Angels, avec Cameron Diaz, Drew Barrymore et Lucy Liu. Heureusement, les effets spéciaux tiennent la route, même si tout cela manque de gore. En effet, à l’heure où les zombies ont envahi nos écrans, laisser des démons disparaître dans une poignée d’étincelles numériques manque sérieusement d’ambition.

Bref, ce show fera plaisir aux midinettes et à leurs parents. Les autres pourront retourner à leurs bouquins. Avec tout ça, les producteurs doivent s’attendre à subir un trolling de masse sur les réseaux sociaux. On surveillera plus particulièrement les GIFs du genre :

Shadowhunters : notre avis
Enjoy !

Il n’y a plus qu’à espérer que les showrunners ajustent le tir dans une (hypothétique) saison 3 !

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