Les Seigneurs d'Outre Monde, l'interview de Fenriss - La Gazette du Geek

Les Seigneurs d’Outre Monde, l’interview de Fenriss

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À un mois de la projection du film à Paris, nous avons discuté avec le co-scénariste des Seigneurs d’Outre Monde !

– Bonjour Fenriss, peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

Salut, je suis co-scénariste et acteur sur les Seigneurs d’Outre Monde. Mon parcours est assez classique : BTS audiovisuel spé montage puis, après avoir travaillé un peu en CDI pour la télévision, je suis devenu intermittent. Un statut qui m’a laissé pas mal de temps libre pour projet sur mes divers projets : scénario, roman, jeux de rôles, etc.

– Comment es-tu arrivé sur Les Seigneurs d’Outre Monde ?

Dès le début, quand Rémi a eu envie de se lancer dans l’écriture d’un long de médiéval fantastique, il m’a tout de suite demandé si ça me brancherait. On se connaissait du BTS, et on avait déjà travaillé ensemble au sein d’une communauté de créateur de BD que j’avais montée en 2000. C’était un peu fou comme projet, mais ça semblait réalisable, je n’ai pas hésité longtemps.

– Qu’est-ce qui t’a donné envie d’y participer ?

Ce qui m’a motivé c’est l’idée que, professionnellement, le pourcentage pour que je participe un jour à un projet d’une telle ampleur était de 0. La France n’est pas vraiment connue pour ses projets de film de genre ambitieux, se lancer avec les moyens du bord était donc peut-être la seule occasion d’en voir naître un. Bref, c’était une fabuleuse aventure en perspective.

– Qu’est-ce que tu aimes dans l’Heroic-Fantasy ?

En toute franchise, je ne suis pas un grand amateur d’Héroic Fantasy. À part quelques chefs-d’œuvre comme « la quête de l’oiseau du temps » ou « l’épée de cristal » je trouve que le genre tourne vite en rond. L’héroic fantasy m’intéresse beaucoup plus en tant qu’univers de jeu, que ce soit en jeu de rôle avec des classiques comme Warhammer ou en jeu vidéo avec des « Diablo » ou des « baldur’s gate »(oui, je suis old school) c’est un pied intégral de massacrer du gobelin à l’épée à 2 mains. C’est un univers très régressif. Sur les Seigneurs, ce qui m’intéressait c’était surtout le challenge, mais aussi l’idée d’apporter un peu de frais au genre. Si l’histoire est très classique dans son déroulement, j’ai essayé d’y injecter un peu de neuf dans les détails. Après le scénario a été écrit il y a 8 ans, il s’en est passé depuis.

– Parle-nous de ton personnage, est-ce que tu lui ressembles ?

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Abilash

Dans le film, je joue Abilash, prince Elfe et frère de la princesse Sujayah. J’espère que je ne lui ressemble pas trop, car ce n’est pas vraiment un personnage sympathique. Pour les noms des Elfes, j’ai pris des noms Hindous qui ont un sens. Ainsi, Sujayah signifie « la victoire » et Abilash « le désir  : c’est un être gouverné par ses passions. C’est une pure créature de frustration. C’est un homme dans une société matriarcale, il n’a donc droit à rien alors qu’il pourrait tout avoir et il ne le vit pas vraiment sereinement. Du coup, il le fait payer à tout le monde. Son histoire est développée dans un chapitre du roman préquel que nous allons sortir, l’occasion de comprendre un peu mieux ce qui a fait de lui ce qu’il est. Après, si je lui ressemble… disons qu’en mettant 8 ans à finir un film, on a forcément un peu de frustration à injecter dans le rôle ;D

 – Comment l’as-tu imaginé avant de l’incarner ?

Le caractère d’Abilash est inspiré d’un personnage de GN que j’ai joué pendant longtemps. Lorsque Rémi m’a raconté la trame de l’histoire tel qu’il l’a voyait, il a évoqué un personnage : le capitaine de la garde amoureux de la princesse et ça a tout de suite fait tilt. Il serait plus que ça, et j’avais ma petite idée là-dessus. J’ai presque supplié Rémi de faire mes modifs et de me confier le rôle, et je ne le regrette pas.

 – Est-ce que tu as connu des difficultés sur le tournage ?

Les difficultés ce n’est pas ce qui a manqué. Si je n’ai pas connu autant de tournage éprouvant que Soizik et Jonathan, j’ai tout de même eu mon lot. Le tournage a Provins en plein hiver où nous avons failli mourir de froid,  ou le tournage à Évreux en plein soleil ou nous avons failli mourir d’insolation. Après, il y a eu aussi l’entraînement à l’épée pour les combats. Nous avons du répéter les chorégraphies de nombreuses reprises et apprendre à nous servir des épées, c’était loin d’être simple et parfois dangereux. Mais au final, le plus dur c’était souvent le moral. Je me suis souvent demandé si j’étais légitime dans mon rôle. Je me suis imposé dès le début, convaincu que j’y arriverais comme c‘était un rôle que je jouais déjà en GN mais le cinéma et le GN ce n’est pas la même chose et face à moi j’avais de vrais acteurs. J’ai donc fait de mon mieux et j’espère que la différence de niveau de jeu de se voit pas trop. J’ai du mal à être objectif.

– A l’opposé, ton meilleur souvenir de tournage, c’est quoi ?

fenriss,Il y en a beaucoup, mais si je ne dois en choisir qu’un je dirais que c’est un tournage au musée des temps barbares de Marle. Lorsque nous avons tourné « la taverne geek ». J’avais passé des jours à contacter tous les guests que nous espérions avoir. Des gens dont nous adorions le travail, qui avait souvent inspiré notre projet et que nous avions envie d’y associer. Nous avons eu des réponses positives de l’équipe de la Flanders, de Noob et de Nerdz. C’était un vrai plaisir de les voir jouer en vrai et de partager cette expérience avec eux. Le petit plus de ce tournage d’un weekend c’est que nous avons dormi dans ce village mérovingien reconstitué, nous avons mangé autour du feu le soir, dormi dans la paille et nous sommes levé au petit jour. Ça avait quelque chose de magique.

– Partant pour un deuxième film ?

Oui et non. Si ce premier film nous permet de trouver les financements nécessaires à réaliser une suite dans des conditions professionnelles, je foncerais sans hésiter. Ce serait le rêve. Mais s’il fallait repartir dans 8 ans de bénévolat, ce serait non. C’était une fabuleuse aventure, mais derrière le plaisir, il y a les sacrifices, le stress, la frustration. Tout ça ne peut pas durer éternellement. Par contre, dans tous les cas, il y a peu de chance que nous abandonnions les Seigneurs d’Outre Monde. Que ce soit en roman, en BD, en jeux de rôle, en jeu vidéo ou en websérie, ce ne sont pas les idées qui manquent pour continuer à faire vivre l’univers que nous avons créé.

Question bonus : « Les geeks vont-ils dominer le monde un jour ? »

Si je réponds, je devrais te tuer.

Pour réserver sa place le 22 mai, ça se passe ici !

Crall

Seigneur des geeks de toute la terre, fondateur et rédacteur en chef de La Gazette du Geek, force de la nature mais, surtout, geek qui boit du vin et mange des paupiettes de veau à quatre heure du matin.

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