Les 5 raisons de (re)regarder Atlantide de Disney - La Gazette du Geek

Les 5 raisons de (re)regarder Atlantide de Disney

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Le 28 novembre 2001 débarquait Atlantide, l’Empire perdu sur les écrans. Une nouvelle production Disney qui a reçu un accueil mitigé, malgré une excellente campagne publicitaire. Pour cause, Atlantide est un véritable OVNI sur la planète Disney.

Atlantide : 5 raisons d'apprécier ce Disney boudé par le public
© Disney

Disney a profondément marqué nos générations. Aucun de nous n’a pu passer outre le phénomène. Certains critiques haïssent profondément ces œuvres, d’autres en sont fous. Atlantide a réussi à se faire détester par ceux qui aiment Disney, et adorer par ceux qui les détestent. Ou presque.

Bref. Atlantide, est un Disney peu (re)connu, alors qu’il est l’un des plus originaux.

Voici les 5 raisons pour lesquelles Atlantide est à (re)voir.

Raison 1 : Atlantide n’est pas le pâle plagiat d’une histoire déjà existante

Atlantide, empire perdu : Milo
Milo, un anti-héros pas comme les autres

Qu’est-ce qu’un film d’animation Disney, si ce n’est une sorte de « plagiat américanisé », vendu sous forme de produit rapidement consommable ? Émotions, rêves, -niaiserie, quelques fois-, voilà les maîtres mots de la communication des studios. Prenez n’importe quel Disney antérieur aux années 2000, comme Le Roi Lion. L’histoire a été entièrement reprise sur Le Roi Leo et Hamlet, parce que les histoires de frères rivaux qui s’entre-tuent fascinent depuis la Bible, et que le personnage principal a un réel but : reconquérir sa place perdue. Agrémentez le tout d’un graphisme propre à l’univers des studios, deux ou trois chansons entraînantes et entêtantes.

Atlantide, l'Empire perdu : Milo et KidaSaupoudrez de quelques valeurs américaines, d’un ou deux passages comiques, remuez bien, et le tour est joué ! Les années 90 ont ainsi vu une déferlante de productions calquées les unes sur les autres, à quelques exceptions près dont L’étrange Noël de Mister Jack (qui n’a pas été réalisé par Tim Burton). Surtout, c’est dans ces années-là que, pour la première fois dans l’histoire du cinéma, les studios ont été récompensés au même titre que les autres films. Imaginez que Noob obtienne un oscar, et que Kaamelott soit nominé aux Césars…

Raison 2 : Un vrai film

Atlantide, un Disney différentLes critiques qui détestent Disney déploient généralement deux arguments imparables : le scénario est prévisible, et les scènes sont totalement niaises. Ils n’ont pas totalement tort. C’est d’ailleurs de ces deux caractéristiques que se moquent Il était une fois et Raiponce. Les critiques plus honnêtes reconnaissent tout de même le travail du directeur artistique. Certains producteurs n’hésitent pas à payer des voyages au bout du monde pour leurs dessinateurs afin d’avoir un travail de qualité. Pour Kuzco l’empereur mégalo, les dessinateurs ont pu visiter le Pérou. Une folie de l’Art démentielle et enivrante, à la hauteur du vertige faramineux de l’investissement des studios.

Atlantide de Disney Disney, c’est aussi ça. Le côté niais des histoires, au final, on s’en fout un peu, aux vues du travail et du projet gargantuesque que Disney réalise. Plus que de l’animation, une performance. Enfin, ceux qui aiment Disney mettent toujours en valeur l’originalité de chaque production. Ainsi, La Reine des Neiges a-t-il été perçu comme un renouveau de la sphère Disney, alors qu’en fait, non, car l’Amour est toujours salvateur dans ce type de production, peu importe sa forme. Un film niais comme La Reine des Neiges méritait-il autant d’approbation ? Ne reprend-t-il pas exactement la bonne vieille recette des années 90 en les transposant au numérique ? Si cette formule a été reprise, c’est parce qu’elle plaît.

Mais pas dans Atlantide.

Car il est un vrai film.

Imaginé comme tel.

Pensé comme tel.

Mûri comme tel.

Atlantide, un Disney plus mature que les autresVoilà pourquoi Atlantide est un « OVNI ». D’abord, son scénario a été inspiré par de nombreuses œuvres, même si le Timée et le Critias de Platon, et Voyage au centre de la Terre de Jules Verne restent les principales sources d’inspiration (et c’est quand même plus classe que de faire un remake des frères Grimm). L’Histoire d’Atlantide débute par l’immersion de la cité. Cette première scène donne la tonalité générale du film : tragique et épique, merveilleuse sur le plan strictement graphique. Le choc est brutal, inattendu. Un énorme cristal bleu plane au-dessus de la ville. Un tsunami gigantesque menace les Atlantes. Un gros plan nous dévoile la famille royale : le père appelle sa femme et sa fille. Tout à coup, un rayon bleuté émanant du cristal descend illuminer la Reine, puis l’emporte. Une bulle de lumière englobe alors la cité, la protégeant des flots dévastateurs.

La deuxième scène nous plonge ensuite dans le quotidien ennuyeux de Milo Thatch, un expert en langues anciennes et cartographe, affecté au sous-sol d’un musée, et exploité comme plombier. L’action se situe à Whashington, en 1914. Milo est la caricature d’un intellectuel passionné, qui rêve en fait d’aventures. Un Indiana Jones qui poursuit le rêve de son Grand-Père décédé. Pour cette raison, il tente par tous les moyens d’obtenir des financements pour partir en expédition scientifique. Il désire récupérer le Manuscrit du Berger, dans lequel l’itinéraire vers la mystérieuse cité est tout tracé. Il a présenté son projet plusieurs fois au comité du musée, qui décide cette fois-ci, d’avancer la réunion sans l’en avertir à l’avance. Son absence est le motif qui justifie un nouveau rejet de ses plans.

Atlantide, l'empire perdu : un dessin animé Disney intelligentDésemparé, il rentre ensuite chez lui. Une blonde peroxydée du nom d’Helga Sinclair l’attend dans sa demeure et le conduit chez un vieil ami riche de son grand-père. Celui-ci lui donne le manuscrit tant convoité, qu’il a récupéré au cours d’une précédente expédition. Une page est manquante. Il avait promis au grand-père de Milo de financer la totalité de l’excursion vers l’Atlantide. Il offre donc à Milo un navire, un équipage, et s’achète par-là même une conscience.

Au cours de son périlleux voyage, Milo rencontre le Docteur Gentil, mais aussi Gaëtan Molière, surnommé, « la Taupe », car il est géologue mais surtout expert en « creusage de tunnel » (est-ce que ça se dit?), membre de l’équipage. Celui-ci est aussi composé par la blonde, le commandant Lyle Tiberius Rourke (référence plus que probable à James Tiberius Kirk dans Star Trek), qui a tout du leader charismatique, Aude Ramirez une adolescente surdouée en mécanique, Vincenzo Santorini, un italien qui se balade en permanence avec de la dynamite sur lui.

Atlantide, un film de DisneyLes membres les plus marquants restent Me Placard et Cookie, le chef cuisinier pour qui les quatre groupes d’aliments sont le whisky, les fayot, le lard et les patates. Lorsqu’il s’adresse à Milo la première fois, il lui dit : « T’es tellement maigre que si tu te mets de profil et que tu tires la langue, t’as l’air d’une fermeture éclair! ». Enfin, Mme Placard, l’opératrice téléphonique du troisième âge, possède un flegme et un cynisme presque légendaire. « On va tous crever » est sa phrase fétiche. Les personnages sont tous drôles, et font des allusions qui sont parfois à peine masquées.

L’équipe fera face au célèbre Léviathan, ici créature de métal, qui détruira son navire. Après avoir perdu la quasi-totalité de leur équipage, les survivants font route dans les cavernes, tout en affrontant quelques péripéties. Ils finissent par atteindre l’Atlantide. Elle est une retranscription presque parfaite des écrits platoniciens. Son architecture est un mélange des types maya, cambodgienne, indienne et tibétaine. De plus, la langue atlante se révèle être la langue mère des autres langues indo-européennes. Par conséquent, les membres de l’équipage et les autochtones n’ont donc aucun mal à communiquer, un peu comme si les réalisateurs balançaient un : « Ta gueule, c’est scientifique ! » à la face des spectateurs (je remercie Durandal pour cette phrase dans son « Pourquoi j’ai raison et vous avez tort : l’histoire sans fin« .

Atlantide, l'Empire perdu de DisneyBref. Dans la foulée, les personnages font la connaissance de la princesse Kida et de son père mourant, qui sont en fait très âgés. Leur civilisation est en déclin, elle a perdu l’art de lire et d’écrire sa langue. Kida kidnappe donc Milo, qui sait lire et parler l’atlante. Elle l’emmène traduire une immense fresque immergée qui leur dévoile le secret de la longévité des atlantes. En remontant à la surface, Milo est capturé par le capitaine Lyle Rourke. Il détient la page manquante du manuscrit entre ses mains et projette de dérober le puissant cristal bleu, afin de le vendre aux nations qui se préparent à la première guerre mondiale. Tous les compagnons de Milo tiennent des armes entre leurs mains.

Bien sûr, tout est bien qui finit bien.

Milo, le héros d'Atlantide, l'Empire perduTout de même ! Le scénario est inhabituel pour un Disney. Souvent construit sur le modèle des comédies musicales de Broadway, en se réappropriant une histoire déjà existante, le scénario est prévisible du début à la fin. Ce n’est pas le cas d’Atlantide. Par exemple, la trahison des amis de Milo a un véritable impact, parce qu’elle est inattendue (même si ses amis sont des êtres manipulateurs et vénaux, assumés). Ensuite, toute l’histoire a été imaginée. Elle est purement originale, même si elle s’inspire des œuvres, voire, les reproduit fidèlement sur le plan graphique. Elle en reste indépendante. En outre, la musique n’est présente que pour ambiancer les scènes.

Surtout, Atlantide est le premier Disney qui se permet de faire mourir autant de personnages tertiaires et secondaires. Il n’y a jamais de pathos rajouté, ou de résurrection improbable (spéciale dédicace à Mulan 2). L’histoire d’amour est passée au second plan, et est traitée de façon réaliste. Kida et Milo son attirés l’un par l’autre mais, leur idylle ne se déclenche pas au premier regard. Elle n’est pas le centre de la trame du récit. Les enjeux sont bien plus importants, et s’étendent bien au-delà de leur relation. Des vrais enjeux, de vraies actions, un vrai film, en somme.

Raison 3 : Micheal J.Fox interprète Milo Thatch

Atlantide l'Empire perdu de DisneyPlus geek que le héros du légendaire Retour vers le Futur, tu meurs ! Le choix de cet acteur ne peut que révéler le dess(e)in à peine masqué de ce film. Gary et Kirk (les réalisateurs) n’avaient qu’une idée en tête : que les geeks assouvissent leur domination sur le monde.

D’habitude, les producteurs choisissent des stars Disney (type Demi Lovato pour interpréter sa B.O. de la Reine des Neiges) ou des acteurs connus et appréciés par le jeune public. Et là ! Vlan ! Un acteur qui a non seulement de la bouteille, mais aussi un film mythique dans les pattes.

Mais ce n’est pas tout, car l’ensemble du casting en anglais ou français donne une claque ! Qui pourrait se lasser des voix de Réno ou Timsit ? Les blagues sont drôles car elles sont très bien adaptées. Atlantide est un régal dans les deux langues, ce qui est rare !


Raison 4 : Les graphismes ont été inspirés par le dessinateur d’Hellboy

Atlantide l'Empire perdu, l'inspiration chez Hellboy
Hellboy, une patte graphique qui a inspiré Atlantide

Mike Mignola, alias LE dessinateur d’Hellboy, sollicité par Disney. Si, si. Reconnaissable entre tous, son style donne une véritable identité visuelle à Atlantide. En théorie, dans une production Disney, vous pouvez superposer les personnages de votre film à d’autres issus d’un film d’animation différent, tellement ce sont des décalcomanies. Par exemple, la fin de la Belle et la Bête (aussi de Gary et Kirk, au passage) a dû être torchée tellement rapidement que les réalisateurs et dessinateurs ont repris la séquence de fin de La Belle au Bois Dormant, en modifiant le background et la couleur des vêtements de Belle et son Prince (qui n’a pas de nom, vous aviez remarqué ça aussi ?). Ce serait impossible avec Atlantide, car les réalisateurs sont allés chercher l’un des meilleurs dessinateurs de comics actuel pour enrichir leur univers (et faire plaisir aux geeks).

Ce n’est pas tout.

L’équipe a travaillé sur la civilisation des atlantes comme celle de Peter Jackson l’a fait sur Le Seigneur des Anneaux. Une langue a même été crée par Marc Okrand, un expert linguistique (qui a aussi travaillé pour Star Trek). Tout a été travaillé en conséquence. Les animaux, les plantes, les fourchettes, l’architecture. Un véritable projet artistique, quoi.

 

Raison 5 : Atlantide n’est pas sorti au bon moment, donc il n’a pas été apprécié à sa juste valeur

Empire perdu; l'Atlantide de DinseyAu détour des années 2000, la concurrence fut plus rude. La bonne vieille recette ne fonctionnait plus, il fallait innover. Les premiers films d’animation des studios Pixar tirèrent brillamment leur épingle du jeu. Quant à Dreamworks, une fois la bombe Shrek lancée, ils atteignirent un paroxysme que Disney n’aurait jamais espéré. Le 22 avril 2001, cette figure, aujourd’hui mythique, pointait ses oreilles vertes sur les écrans. Un choc. Non seulement, Shrek se moquait ouvertement des concurrents en parodiant des scènes clefs des Disney (mais, si, souvenez-vous, Fiona fait exploser un oiseau en chantant et récupère les œufs pour préparer un petit déjeuner à son amoureux), mais aussi des valeurs qui y sont attachées.

Atlantide l'Empire PerduMême Mulan n’aurait pas été capable de défoncer Robin des Bois, façon Néo dans Matrix. Enfin, Shrek était une révolution scénaristique. Le récit utilise les mêmes codes que la Belle et la Bête, mais renversé. Son style est marqué par un humour cynique et grinçant, aussi bon pour les petits que pour les grands. Encensé par la critique, l’arrivée de ce nouveau type de production pour enfants et grands enfants a rénové le genre. Atlantide a malheureusement débarqué alors que le phénomène Shrek n’était pas encore passé de mode, un peu comme si les Beatles avaient sorti un nouvel opus original, juste après l’énorme succès d’AC/DC. Résultat : Atlantide a obtenu des notes et des commentaires bien médiocres par rapport à l’originalité de son sujet et de sa production artistique.

Conclusion :

Pour toutes ces raisons, Atlantide a été jugé « trop adulte » à sa sortie. Comme si les jeunes enfants étaient incapables de s’éclater devant un film élaboré, réfléchi, et qui met en scène une morale écologique et humaniste, prônant le pluralisme culturel et l’importance du langage. « Trop adulte » aurait aussi pu convenir à Shrek, finalement. Ce commentaire reflète à lui seul l’état d’infantilisme dans lequel sont actuellement enfermés les jeunes enfants. Pourtant, Dora l’Exploratrice n’est pas plus adapté à un bambin de quatre ans qu’à un singe.

Atlantide, l'Empire perduMieux vaudrait que les producteurs des divertissements destinés à la petite enfance s’efforcent de se dépasser pour pondre de belles productions, à la fois éducatrice et ludiques, à l’image d’Atlantide en somme.

Skeeter

Skeeter est née le même jour que Chuck Norris, ce qui lui a conféré d'incroyables talents. Après une brillante scolarité au sein de l'école de sorcellerie Poudlard, elle est devenue professeur dans l'école pour jeunes surdoués. Elle prévoit d'épouser son collègue Wolverine.

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