L'Exoconférence : une première partie pour E-Penser - La Gazette du Geek

L’Exoconférence : une première partie pour E-Penser

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E-Penser, c’est l’histoire d’un enfant qui rêvait de devenir pilote d’avion, qui est devenu architecte logiciel et qui aujourd’hui fait la première partie de l’Exoconférence d’Alexandre Astier.

Bruce d'E-Penser en première partie de l'exoconférenceSi au lancement de sa chaine YouTube, quelqu’un lui avait dit il ne l’aurait pas cru. C’est dans sa loge du Zénith de Lille que Bruce Benamran me reçoit avec tee-shirt du Docteur Who sur le dos. Avec les deux ans de sa chaine, il n’est plus ce qu’on pourrait appeler un nouveau venu de YouTube, mais il a encore du mal à croire ce qui lui arrive. Ses vidéos comptent plus de 500 000 abonnés et l’ont fait reconnaître comme un très bon vulgarisateur scientifique bien qu’il ne soit pas du tout un professionnel du milieu.

La Gazette du Geek (G.G) : Comment t’es-tu retrouvé en 1° partie de l’Exoconférence ?

Bruce : Ça doit faire un an et demi maintenant… moi je suivais de toutes façons Alexandre sur Twitter, comme tout le monde j’ai envie de dire. Et c’était quand il a annoncé l’Exoconférence : « Bientôt nouveau spectacle où on va régler une bonne fois pour toute la question de la vie extraterrestre. » Donc moi je lui ai envoyé un tweet où je lui ai demandé s’il était plutôt Europe, satellite de Jupiter où il y aurait de l’eau liquide, ou Encelade, satellite de Saturne. Et il m’a répondu « Le python du Diable déjà pour commencer ». Le python du Diable c’est la montagne qu’il y a dans Rencontre du troisième type. Je lui ai envoyé « Putain, la vache, c’est super ambitieux comme projet ! » et il m’a sorti « Et expliquer pourquoi les anglais roulent à gauche, c’est pas ambitieux ? ».

Je suis resté bête devant mon écran en train de pleurer et le lendemain j’ai vu qu’il me suivait sur Twitter… Du coup on a commencé à s’envoyer des messages. J’ai galéré pour trouver une place pour aller voir l’Exoconférence au Rond-Point. Je me rappelle, la billetterie pour Paris ouvrait le 20 mai 2014. Je m’étais dit qu’à dix heure une j’étais devant le guichet et s’il n’y avait pas deux place pour le premier soir, j’irais le deuxième ou le troisième. Sauf que le gars de la billetterie m’a dit « Le premier soir je n’ai plus de place, le deuxième soir j’ai une place au 72° rang, le troisième soir c’est complet… » « -Mais c’est pas possible, la billetterie elle ouvrait aujourd’hui ! » « -Oui aujourd’hui… à minuit ! » Ça fait quand même vingt ans que je bosse dans le web. Je me suis senti d’une débilité affligeante et je suis sorti tellement énervé que j’ai tweeté « Ça m’apprendra à soutenir le commerce IRL ! » genre c’était un acte militant.

E-Penser avec Alexandre AstierEt Alexandre m’a envoyé un message en disant qu’il m’invitait. Je l’ai rencontré le 18 septembre après la première qu’il faisait à Paris. Ce soir-là on a discuté un petit peu après à la cool. Moi j’étais sur une autre planète ! Il y avait un petit cocktail après pour ceux qui avaient une invitation comme c’est le cas souvent dans les petits théâtres, et quand il est rentré il m’a dit « Oh ! C’est gentil d’être venu ! » *blanc de surprise* Ouais… ouais, je trouve aussi ! On discute un petit peu et il me sort « De toutes façons t’as mon numéro bien sûr ! » « Mais bien sûr… que non ! ».

Et puis le 15 mai à 17h39, je reçois « Tu veux faire 20’ en première partie de mon spectacle ? ». Donc tu vois ça, t’as très envie de dire non… Ce n’est pas mon métier je veux dire. J’avais beaucoup plus envie de dire oui attention, mais je me suis dit que là y avait des enjeux. Tu parles d’une tournée nationale qui coûte probablement un blé de dingue, avec une boîte de production, etc. Et pour le coup, autant c’est qu’une première partie, autant si je fais vraiment chier les gens durant 20 minutes, ce n’est bon ni pour moi ni pour lui derrière. C’est pas bien quoi ! Alors je me suis forcé à mettre tout de suite « Oui », envoyer et puis c’est bon on n’en parle plus.

G.G : Et qu’est-ce que ça fait d’être sur scène comme ça ?

Bruce : C’est particulier parce que ce qu’il se passe c’est, je ne sais pas si c’est tout le monde pareil ou pas, que le fait qu’il y ait trois mille ou quatre mille personnes, ça ne me fait ni chaud ni froid. Mais je pense que s’il y avait trente personnes ce serait super dur. Quatre mille personnes de toute façon on ne voit plus les gens. C’est comme, moi par exemple j’ai le vertige, si je monte sur ce bureau je ne vais pas être à l’aise, pourtant quand j’étais gamin je faisais de l’acrobatie aérienne, parce que l’avion il est trop loin du sol, on ne voit pas le sol de la même façon. Je pense que c’est un truc de cet ordre-là… Le truc le plus dur que j’ai fait pour l’instant, c’est quand j’ai eu fini de préparer ma présentation et que je l’ai fait devant Alexandre et Jean-Christophe au premier rang, salle vide toute éclairée et eux devant les bras croisés qui me regardent. En plus de temps en temps ils se parlaient entre eux et notaient des trucs. Et moi je devais faire comme si de rien était. Je ne les regardais même pas ! De temps en temps il y avait Jean-Christophe qui claquait des doigts pour me dire « Plus vite, plus vite, plus vite. ».

l'exoconférence, avec Bruce Benamran en première partie

Ça c’était rude. Monter sur scène c’est particulier comme sensation, mais c’est pareil. J’ai fait un épisode sur le trac récemment… mais je n’ai pas le trac en fait… Je pense que c’est un truc que j’ai bossé quand j’étais plus jeune, je ne saurais même pas te dire dans quel cadre, le fait d’avoir l’aire cool et détendu en toute circonstance. Ça a bien marché ! Je n’ai pas le trac mais j’ai le stress, ce n’est pas la peur de monter sur scène devant des gens, c’est le stress de « je vais devoir faire quelque chose qu’il ne faut pas que je foire. ». C’est comme d’un coup je dois faire quelque chose et que je sais qu’il y a un enjeu, comme quand je sors une vidéo et que je sais que les gens l’attendent, j’ai le même stress. On m’a dit « Il faudrait que tu joues devant une salle de 120 personnes pour voir. » Mais 120 personnes ce n’est pas beaucoup quand même… Les gens je vais limite pouvoir les appeler par leurs prénoms ! Y a un côté trop réel.

G.G : Dans l’une de tes F.A.Q tu expliquais que tu n’écrivais pas tes vidéos, que tu faisais seulement un squelette. As-tu écrit ta présentation de l’Exoconférence ?

Bruce : Oh ! Oui ! Enfin, je n’y ai pas passé des semaines. Nan, je ne l’ai même pas vraiment écrit. Je veux dire que, comme pour mes vidéos j’ai écris une espèce de plan en quelques points, là c’est juste un peu plus détaillé, ce n’est pas écrit. C’est comme ça que je marche… Il m’avait demandé Jean-Christophe, il m’avait dit « Si tu veux écrire un texte y a pas de problème ». Mais si j’écris un texte ça veut dire que je le joue et je ne suis pas comédien. J’ai peur que si je récite un texte ça fasse un peu récitation. Jean-Christophe m’a vraiment cadré pour la mise en scène parce que là je faisais n’importe quoi. J’arrivais la main dans la poche et je disais « Bonjour, je vais vous raconter des trucs. » mais sinon le texte c’est moi.

G.G : Y a-t-il un moment particulier pour toi ?

Bruce : Ça a l’air de rien, mais c’est un truc de dingue, c’est que quand Alexandre salue il m’appelle pour me faire saluer avec lui. Et ça je le vis d’une certaine manière, parce que pour moi, ça n’existe pas une première partie qui vient saluer avec l’artiste à la fin, je n’ai jamais vu ça. Pour moi, je ne veux pas le dire de manière pompeuse, mais ça me donne l’impression d’être plus là en qualité de guest… Je fais plus un caméo sur son Exoconférence qu’une première partie. Le fait est que je fais la première partie, mais j’ai plus l’impression d’être un invité spécial qui fait un truc au début. Pour moi c’est important d’être là tous les soirs, pour que les gens me voient avec lui comme ça. En plus, en général, quand j’arrive les gens dans la salle sont déjà en train de gueuler donc quand Alexandre m’appelle les gens regueulent. Y a la moitié de la salle qui ne me connait pas mais les gens sont contents, ils ont vu un spectacle de dingue donc ils gueulent. Mais ça… on pourrait dire à ce moment-là : « Je vends ma bagnole » ou « Je fume la moquette », les gens gueuleraient pareil. Les foules c’est ça, à un moment les gens sont dans un truc, l’ensemble réfléchit moins que chacun indépendamment.

G.G : Quels sont tes projets pour la suite ? Un spectacle peut-être ?

Bruce : Un spectacle, non ce n’est pas prévu mais je dois reconnaitre que j’aime bien l’idée. J’ai aucune idée de ce que j’y ferais si j’en faisais un. Je veux dire y a le bouquin e-penser, on ne peut pas décliner mille fois… Si je fais un spectacle faut que ce soit quelque chose d’un peu différent. D’un autre côté je ne peux pas non plus faire quelque chose qui n’a rien à voir, faut que ça ait un rapport avec e-penser. J’aime bien l’idée… On verra… Je me suis donné un an pour me fixer là-dessus. Parce que j’ai plein de projets. J’ai aussi ma chaîne en anglais que je devrais normalement lancer en janvier. Sur YouTube, classique, grosso modo la même chose qu’e-penser. Ce ne sont pas les mêmes épisodes en anglais, ça ne va pas être retourné à l’identique. Il y aura vraisemblablement des épisodes en commun mais l’humour n’est pas le même, le rythme n’est pas le même. Là pour le coup c’est parce qu’il y a beaucoup de youtubers anglophones sur le marché francophone alors j’ai bien envie d’attaquer le marché anglophone qui est quand même grand. Je commence à avoir des contacts avec des youtubers anglophone, avec qui j’ai très envie de bosser depuis un moment et si c’est en anglais ce sera plus pratique… Y a le livre aussi, là qui va sortir début novembre qui m’a bien occupé, et qui va bien m’occuper encore puisque je vais refaire un petit tour de France des dédicaces. Je vais me faire plaisir là ! Après je vais attaquer gentiment le tome 2

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