LSOM : entretien avec Olivier Grignard, alias Thorwald - La Gazette du Geek

LSOM : entretien avec Olivier Grignard, alias Thorwald

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À un peu plus d’une semaine de la projection en salle des Seigneurs d’Outre Monde, Olivier Grignard, alias Thorwald, a répondu à nos questions !
– Bonjour, peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

Olivier Grignard, Thorwald, le maître d’armes.

Depuis tout petit, je fais du théâtre. D’abord pour mes parents, des petites pièces qu’on jouait avec mes frères et sœurs, puis des cours de théâtre pendant le collège et le lycée. En terminale (chez les Jésuites on avait un grand théâtre à l’italienne et chaque année, les classes de terminale montaient une grande œuvre) j’ai joué le rôle-titre de Barabbas de Michel de Ghelderode, déjà un pochetron, un bandit, une sorte de Thorwald avant l’heure, brigand au grand cœur. Le succès de mon interprétation m’a confirmé le désir d’en faire mon métier, au grand dam de mes professeurs qui me rêvaient en chirurgien ou avocat (j’étais un très bon élève^^ et je voulais faire un métier de saltimbanque ! Enfer et damnation !) Après le bac et un an passé aux USA, où  j’ai joué dans une comédie musicale et deux pièces, j’ai étudié l’Art dramatique à l’IAD en Belgique.

J’ai ensuite créé une compagnie théâtrale à Paris et monté mes propres spectacles jusqu’au milieu des années 90. En parallèle du théâtre, j’ai joué dans quelques courts-métrages et téléfilms. Au bout de 20 ans de carrière de comédien, et après un dernier rôle au théâtre en 2003 dans « Maison de poupée » de Ibsen au Vingtième Théâtre,  j’ai mis le cap sur la production audiovisuelle, principalement institutionnelle, et l’écriture de scénario pour la télé et le cinéma. J’ai d’ailleurs produit en 2009 le Grand film 70 mm pour Vulcania, avec des tournages en France, Islande, USA, Guyane, Vietnam et avec des prises de vue en hélico, montgolfière, ULM, chiens de traineaux.  J’ai plusieurs projets en gestation, dont un long métrage en pré-production.

– Comment es-tu arrivé sur le projet ?

Les Seigneurs d'Outre MondeRémi Hoffmann m’a vu dans « Amélie’s Matrix » réalisé par Clément Tonelli en 2006, un court-métrage pastiche complètement délirant avec les personnages d’Amélie Poulain, Matrix, Taxi, Les Visiteurs, Le Seigneur des anneaux, Terminator, etc… qui se croisent et interagissent. J’y joue Godefroy de Montmirail, le personnage de Jean Reno dans les Visiteurs. Rémi, qui connaissait le réalisateur, est venu me voir après la projection et m’a proposé le rôle de Thorwald.

– Qu’est-ce qui t’a donné envie d’y participer ?

D’abord le scénario, dont j’ai tout de suite aimé le ton, oscillant du drame à la franche rigolade, des rires aux larmes avec une fluidité remarquable. Ensuite le magnifique rôle de Thorwald, ce faux dur au grand cœur, habité par une tragédie personnelle qu’il noie dans l’alcool certes, mais qu’il transcende dans l’attachement qu’il éprouve pour le Prince Jarwin, son protégé, son fils spirituel. Et puis c’est un vrai héros, un personnage très émouvant. Et enfin la personnalité de Rémi et son approche ludique et décomplexée, sans prétention, d’un projet pourtant pharaonique.

– Qu’est-ce que tu aimes dans l’Heroic-Fantasy ?

C’est qu’elle raconte des histoires de personnages bien réels, des héros aux aspirations humaines comme l’amour, l’amitié, le combat du mal, dans un monde merveilleux et sans limites, si ce n’est celles de l’imagination de ses auteurs. C’est cette rencontre de personnages tangibles dans un monde extraordinaire et fantasmagorique qui à mon sens crée la magie de ce genre.

– Parle-nous de ton personnage, est-ce que tu lui ressembles ?

Il y a chez Thorwald des blessures profondes qui l’ont rendu profondément humain mais qu’il masque par pudeur virile. Il joue les rigolos, les pitres parfois, il semble toujours vouloir faire l’idiot, mais en réalité c’est par lui que le mal va être débusqué et combattu. Sous ses airs de pochetron désinvolte se cache un grand guerrier, un homme prêt à tout pour sauver son Prince et le garder éloigné du côté obscur. Et puis, même si c’est un impitoyable combattant, c’est aussi un vieil ours sentimental. Il aime et protège le Prince Jarwin, et puis dans un second temps la Princesse Sujaya, qui sont un peu à ses yeux les enfants qu’il n’a pas eu, peut-être. Si je lui ressemble ? Ce serait un grand honneur…

– Comment l’as-tu imaginé avant de l’incarner ?

C’est un personnage éminemment romantique, au sens un peu oublié du terme, un personnage « de roman ». Il y a du Porthos, du Cyrano, voire du Haddock en lui. Il m’a tout de suite enthousiasmé. Et puis c’est un personnage dynamique, qui évolue tout au long du film.

Olivier Grignard

– Est-ce que tu as connu des difficultés sur le tournage ?

Pas vraiment. Rémi et son équipe ont toujours réussi à créer une ambiance exceptionnelle sur tous les tournages, pourtant nombreux et réunissant parfois plus de cent intervenants ! On s’est toujours joué des difficultés et des challenges avec bonheur. On était tous tellement heureux à chaque fois de se retrouver ! Je pense que ça se voit dans le film.

Il y a bien eu une petite anecdote de canasson. Le cheval que l’on m’avait confié ce jour-là était un brin nerveux, et au moment où pendant la séquence j’enlève brusquement mon bonnet, ma monture a pris peur et est partie au galop en ruant dans tous les sens. Heureusement, je ne suis pas tombé, mais une fois le cheval maîtrisé, je me suis laissé glisser dans l’herbe haute où je me suis allongé pour souffler, heureux d’être encore entier.

– A l’opposé, ton meilleur souvenir de tournage, c’est quoi ?

J’ai adoré jouer ma dernière scène avec Soizic dans le film. Une scène apaisante, après le chaos.

– Partant pour un deuxième film ?

Evidemment ! Mais avec des moyens, cette fois. Je pense que faire ce qu’on a tous fait avec quasi peanuts est un tour de force et mérite qu’un producteur nous fasse confiance.

  • Question bonus : « Les geeks vont-ils dominer le monde un jour ? »

Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft,… Ça y est, ils le dominent déjà. Et ça va aller s’amplifiant.

Crall

Seigneur des geeks de toute la terre, fondateur et rédacteur en chef de La Gazette du Geek, force de la nature mais, surtout, geek qui boit du vin et mange des paupiettes de veau à quatre heure du matin.

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