Les Seigneurs d'Outre Monde : l'interview - La Gazette du Geek

Les Seigneurs d’Outre Monde : l’interview

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Nous avons rencontré les créateurs des Seigneurs d’Outre Monde. Au programme : pas mal d’anecdotes et l’aboutissement d’un projet colossal !Les Seigneurs D'outre Monde : l'interview

La Gazette du Geek : Pourriez-vous vous présenter, et nous dire ce qui vous a amené sur ce projet ?

Cyril Hiard : Je suis monteur-graphiste. Ce qui m’a amené sur le projet ? Eh bien c’est Rémi, voilà ! L’Ordre Sith [Fan Film Star Wars réalisé par la même association, NDLR], c’est un petit peu ça qui m’a conduit aussi sur Les Seigneur d’Outre-Monde, puisqu’en quelque sorte, c’est la même équipe et la même association, Ere2.

Le logo de Ere2, l'association qui a créé Les Seigneurs d'Outre Monde

Rémi Hoffmannn : Moi, dans la vie je suis monteur-réalisateur. À l’époque où j’ai commencé le projet j’étais vraiment plus sur le montage et je bossais pour une grosse boîte d’effets spéciaux sur Paris qui s’appelle Mikros Image. J’avais été assistant pendant pas mal de temps, ce qui m’a permis de pas mal développer tout ce qui est coordination, etc. Quand j’ai bossé sur l’Ordre Sith, à la base je devais simplement faire le montage, mais j’ai fini par faire par faire de la co-réalisation et pas mal d’autres choses. C’est comme ça que j’ai rencontré Cyril ! À la base, j’aime bien tout ce qui est Heroïc Fantasy, aussi bien à travers les jeux vidéo; je jouais énormément quand j’étais gamin sur Amstrad ou Amiga a des jeux comme Barbarian, qu’à travers les films, notamment Willow. Ce film, c’est une aventure un peu épique mais on suit aussi des personnages un peu rigolos, et on est très proches d’eux. Ca faisait longtemps que j’avais envie de faire un projet dans le même genre. Du coup, le fait d’avoir participé à un fan Film Star Wars ça a rodé la mécanique, ça a essuyé des plâtres, des méthodes de travail à distance… parce qu’il faut bien imaginer que pour un projet comme Les Seigneurs d’Outre Monde, il n’y a pas de production, tout est associatif et bénévole. On est un peu éparpillé sur toute la France.

La Gazette du Geek : Justement quels sont les lieux de tournage ?

Rémi Hoffmannn : On a fait beaucoup de tournages, principalement entre 2009 et 2012. Il faut d’ailleurs imaginer que c’était à l’époque des premiers épisodes de la série Noob…

Cyril Hiard
: Et de la websérie Le Visiteur du Futur aussi !

Rémi Hoffmannn : On a tourné, pas dans toute la France, mais beaucoup en Île-de-France, Fontaineblau, Paris et plein de choses comme ça. On est allé aussi dans la ville moyenâgeuse de Provins, vers Conflans dans des champignonnière, mais aussi en Picardie dans un village mérovingien reconstitué. D’ailleurs, on utilise plusieurs fois ce village dans le chapitre trois : pour la cabane de Beldorian et l’auberge. On a aussi tourné en Normandie, dans le cloître de la Basilique d’Evreux, et en extérieur pour les scènes de bataille !

La Gazette du Geek : Tourner à travers la France, c’est pas forcément facile. Pour coordonner et organiser tout ça, il y a eu quelqu’un en particulier ?

Cyril Hiard : Les « quelqu’uns », tu les as devant toi !

Rémi Hoffmannn : Eh ouais, en fait on est vraiment « au four et au moulin » ! Quand j’avais écrit le scénario, on l’a retravaillé avec Fenriss le co-scénariste puis il a fallu mettre en place le site Internet, lister tous les décors, les accessoires, les personnages et mettre en place le casting. On a trouvé des gens que l’on connaissait déjà, puis d’autres qu’on a trouvé grâce à cineaste.org.

La Gazette du Geek : Vous avez lancé votre crowdfunding à quel moment ?

Rémi Hoffmannnn : On l’a vraiment commencé quand tout était tourné et qu’on avait presque terminé. On a fait énormément de travaux jusqu’en 2014, et c’est seulement sur la fin qu’on a lancé le crowdfunding.

Cyril Hiard : On a lancé le crowdfunding aussi parce qu’il faut bien imaginer que la post-prod c’est plus de boulot que les tournages eux-même. En gros, une journée de tournage, ça va demander deux jours de montage, avec des effets spéciaux, de la musique, des bruitages, le mixage, l’étalonnage, etc. Cela dit, c’est vrai que pour le tournage il faut aussi des jours de préparation en amont, parfois pour deux jours de tournage on avait bien cinq jours de préparation avant !

La Gazette du Geek : Vous avez déjà évoqué le film Willow tout à l’heure. J’imagine qu’il y a d’autres sources d’inspiration ?

Les Seigneurs d'Outre Monde : Rémi Hoffman et Cyril Hiard nous répondentRémi Hoffmannn : Il y en a d’autres, bien sûr ! Dans les grands codes visuels du genre, tu as Le Seigneur des Anneaux, des films comme Conan, et un peu de tous les « grands classiques » comme ça. Après, c’est surtout sur les personnages eux-même et sur des passages qu’il y a des références à pas mal de choses. Il y a même des références que j’ai glissé inconsciemment, et dont me suit rendu compte après : dans le chapitre III, quand Beldorian lit dans les pensées de Jarwin, on a un peu la même scène dans Retour vers le futur 2 ! Après, il y a d’autres petit gags. Par exemple, quand ils vont dans la prison, à un moment donné Thorwald s’assoit et fait rebondir une espèce de balle en cuir contre le mur. C’est une référence à La Grande Evasion, quand Steve McQueen fait rebondir la balle de Baseball sur le mur de sa cellule.

la grande évasion
La Grande Evasion

Cyril Hiard : Cette référence là, on la retrouve aussi dans Chicken Run, quand la poule se retrouve enfermée, elle prend une balle et elle la lance aussi comme ça !

La Gazette du Geek : Autre grande question : combien de personnes ont participé au projet ?

Rémi Hoffmannnn : Là on estime le nombre à environ 300 personnes. Entre les acteurs principaux, les figurants, l’équipe technique et les musiciens, il y a eu pas mal de personnes qui ont tourné, aussi parce que tout le monde n’était pas disponible à chaque fois.

La Gazette du Geek : Avec autant de monde, est-ce que vous avez rencontré des difficultés pendant les tournages ?

Cyril Hiard : Des difficultés pendant le tournage ? Non finalement, pas tellement. On s’est toujours dit que de toutes façons, pendant un tournage ça se passe toujours mal ! Il faut préparer un max de choses pour ne pas laisser la place à l’imprévu. Donc au final on arrive à anticiper pas mal de trucs.

Rémi Hoffmannnn : Alors moi justement, je pense plutôt à des difficultés d’ordre administratif. Par exemple, pour pouvoir tourner à la basilique d’Evreux, il a fallu faire un travail en amont, obtenir pas mal d’autorisations. Après, on a eu d’autres difficultés, mais bizarrement, c’était pas forcément quand il y avait beaucoup de monde. On arrivait quand même à s’organiser en donnant des instructions à une dizaine de personnes, qui ensuite les redonnaient à dix personnes, et comme ça on arrivait à bien gérer le truc. Là où on a eu des difficultés, c’est quand par exemple on a tourné des scènes avec des chevaux. On pense souvent que c’est « cool » parce qu’à l’écran ça semble facile, mais le truc c’est qu’un tournage avec des chevaux, ce que vous tourneriez en deux heures avec des humains, vous pouvez le multiplier par trois !

La Gazette du Geek : Justement, à propos des chevaux, est-ce que tous les acteurs savaient déjà monter ?

Rémi Hoffmannnn : Alors non ! Jonathan, qui joue Jarwin savait un petit peu monter, mais on a eu la chance d’avoir avec nous des gens de spectacles vivants, notamment Emerick et Aurélie. Aurélie a un cheval qui est vraiment une super bonne patte, mais on a triché un peu : si vous regardez le tout début du film, qui commence avec un cavalcade entre Jarwin et Thorwald, en fait c’est Aurélie qui est la doublure de Jonathan !

Jarwin et Torwald se poursuivent à cheval

Cyril Hiard : Pour aller plus loin, on avait tourné une première séquence dans ce décor là, quand ils étaient à cheval, et puis Rémy s’est aperçu qu’il manquait des plans. Du coup on est retournés sur les lieux, sauf qu’entre temps, Olivier, qui incarne Thorwald, c’était fait mal au dos et ne pouvait plus monter. Du coup, on s’est dit « on va faire autrement » et c’est la magie des effets spéciaux qui a opéré ! C’est-à-dire qu’il y a quelqu’un d’autre qui est sur le cheval, lui il est au sol dans le même décor devant un petit fond vert, et hop, on l’a replacé sur le cheval !

La Gazette du Geek : Vous êtes quand même diffusés sur Nolife. Vous êtes fiers de cette réussite ?

Rémi Hoffmannn : Doublement fiers, je dirais ! Moi, à la base, j’ai connu Alex Pilot à l’époque des Bitomans. Du coup, étant gamin, je regardais ces trucs là, et c’est une vraie fierté d’être diffusé sur Nolife. D’ailleurs, il y a aussi Guillaume Durand de Noob [T-Man dans Noob, NDLR] dans les Bitomans qui joue dans le film. Et puis Nolife, c’est vraiment un vivier de créateurs indépendants. Beaucoup de choses sont venues de là, et mine de rien ça fait pas mal de visibilité.Le logo de Nolife, qui diffuse Les Seigneurs d'Outre MondeCyril Hiard : Et puis ça faisait des années qu’on bossait sur le film, et qu’on voyait les copains en conventions qui, eux, étaient diffusés sur Nolife… Nous on bavait devant et on se disait « ben nous, on a pas encore fini quoi » !

La Gazette du Geek : Preuve que le succès est au rendez-vous, un livre va sortir aux Editions Michel Lafon. Vous envisager d’autres supports ?

Le livre : Les Seigneurs d'Outre MondeRémi Hoffmannn : Alors oui, peut-être, on espère. Tout dépendra de la suite, de la manière dont va évoluer le film. Il faut savoir que le roman est une histoire qui se situe avant l’intrigue du film. À la base, j’avais écrit le scénario avec Fenriss. Disons moi à 75%, et lui à 25%, puis lui a continué sur le roman. Il faut savoir qu’on avait fait une petite auto-édition en 2009 qui s’était écoulée très vite, puis on a arrêté. Puis ce qui s’est passé, c’est que quand on a fait le crowfunding, Le Parisien nous a consacré un article. Et il se trouve que c’est Monsieur Michel Lafon qui en lisant Le Parisien a dit « Oh ça à l’air bien ça, allez-y contactez-les. ».

La Gazette du Geek : Pour en revenir au film, est-ce que l’intrigue se dirige vers quelque chose de plus sombre?

Rémi Hoffmannn : Alors… oui ! En fait, c’est un long-métrage, il faut le voir en tant que long-métrage. En fait, le premier chapitre est beaucoup plus sombre que les deux suivants, il apporte un petit peu les clefs de l’intrigue, il est plus bavard. Ensuite, on va rentrer dans des choses plus sombres. L’idée c’était vraiment de faire une film où il y a des pointes d’humour, même si c’est pas un film comique, mais avec un fond très sombre quand même.

La Gazette du Geek : Une question qui nous brûle les lèvres : est-ce que Jarwin va sortir avec la princesse elfe ?!

Cyril Hiard : Ah ah ah !

Rémi Hoffmannn : Je ne sais pas…[rires] Vous le saurez peut-être au prochain épisode !

La Gazette du Geek : Question bonus : plutôt Gandalf, Dumbledore ou Merlin ?

Cyril Hiard : [rires] Merlin, c’est sûr !

Rémi Hoffmannn : Merlin, c’est le plus cool ! Et remarque, Beldorian se rapproche plus d’un Merlin dans sa cabane !
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Nous remercions encore bien chaleureusement Rémi et Cyril, qui nous ont fait la gentillesse de répondre à nos question avec beaucoup d’enthousiasme et de bonne humeur.

On se quitte avec le chapitre un, pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu :


Les Seigneurs d’Outre Monde – chapitre 1 par lesseigneursdoutremonde

Crall

Seigneur des geeks de toute la terre, fondateur et rédacteur en chef de La Gazette du Geek, force de la nature mais, surtout, geek qui boit du vin et mange des paupiettes de veau à quatre heure du matin.

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